Rétrospective Giacometti au Yuz Museum

Bon, dans ma veine d’écriture météo, d’abord quelques nouvelles du front parce que je sens que ça vous a inquiété cette histoire d’hiver en avril : aujourd’hui, c’était mieux. Il parait même que demain ce sera franchement bien. Radio Doigt Mouillé annonce qu’il ne serait pas impossible que ça se redégrade la semaine prochaine, mais vu qu’ici ils n’ont même pas Laurent Cabrol je ne garantis rien. Sans compter qu’on sera pour notre part en train de jouer aux odieux expats en faisant les crêpes sur une plage de Thaïlande (oui, à l’heure même ou ma meilleure amie affrontera le blizzard en moon-boots à La Défense, je n’ai aucune retenue). Curieusement, à 24h de notre envol pour les tropiques mon moral va beaucoup mieux. On est bien peu de choses. Mais comme je pense tout de même aux amis shanghaiens qui eux resteront pris dans le ciel de traîne du blizzard canadien, je vais vous fournir une alternative à la plage : la rétrospective Giacometti au Yuz Museum. Certes, vous y fabriquerez moins de vitamine D mais il doit bien y avoir une hormone du plaisir de l’oeil que cette magnifique expo va venir libérer pour vous faire oublier la grêle du mois de mai.

Comme souvent à Shanghai, l’exposition est peu fréquentée et les oeuvres très bien mises en valeur. Notez que c’est bien le moins vu le prix d’entrée, élevé pour nos latitudes. L’espace vaste et épuré du Yuz Museum se prête parfaitement aux sculptures filiformes de Giacometti, les nostalgiques des bistrots parisiens pouvant doubler leur plaisir en s’accoudant au zinc qui les attend en fin de visite. C’est que Giacometti est le plus parisien des sculpteurs suisses (versant italien), d’où sans doute le nombre non négligeable de français croisés durant le parcours. A croire que les seuls européens de Shanghai qui s’y intéressent sont français. Cocorico. Rassurez-vous, il y avait aussi bon nombre de chinois. O o o (c’est à dire cocorico en mandarin). Concernant la construction de l’exposition, le parcours – chronologique – est de qualité, permettant de découvrir par exemple des toiles figurant Alberto jeune peintes par son père, ainsi que ses premiers travaux cubistes réalisés dans l’atelier de Bourdelle à Paris. C’est au rez-de-chaussée que sont exposées un grand nombre d’oeuvres du style typique qui l’a fait connaître et reconnaître du monde entier. Moi qui n’avais jamais eu l’occasion de le découvrir à Paris, j’ai été ravie de le faire ici (et il ne pleuvait même pas ce jour-là, c’est dire si je suis sincère).

Je vous laisse apprécier par vous-même les photos. Elles ont été prises avec un téléphone parce que dans une logique qui nous a quelque peu échappée les photos étaient absolument interdites mais tout le monde pouvait en prendre. Sans doute le mot « interdiction » en chinois ne peut-il consubstantiellement concerner le complément bionique de la main. Au Yuz Museum une photo prise avec un téléphone n’est pas une photo, ceci n’est pas une pipe et Magritte est bien gardé. En revanche gare à celui qui sort un appareil photo du type vieux machin du siècle dernier qui fait clic-clac quand on déclenche : une urgente communication par talkie-walkie viendra immédiatement l’empêcher de contrevenir. On ne rigole pas avec les espions sur les bords du Huang Pu.

Belle expo à tous !

Expo, jusqu’au 31 juillet 2016 : Giacometti Retrospective, Yuz Museum, 35 Fenggu Lu (proche Longteng Da Dao)(métro Yujing Road, L11, sortie 7). Du mardi au dimanche, 10h-21h (10h-minuit les samedis et dimanches), tarifs : adultes 150 kuais (120 kuais en semaine) – enfants de plus de 130 cm demi-tarif.

dav

5 Comments

  1. Comme toi j’aime bien les oeuvres de Giacometti…. sauf mauvais souvenir de ma part – qui ne peut être dû qu’à mon grand âge – l' »Homme qui marche » est propriété du Musée de Grenoble où j’avais pu l’observer encore et encore…… vieux souvenirs aussi de mes cours d’Italien…

    • Je ne vais pas remettre en doute ta mémoire, je n’ai moi-même aucun souvenir de ce musée, mais c’était très chouette en tout cas 😉

  2. Bonnes vacances!
    Tu dois sûrement y être! Profite bien des plages, moi aussi j’ai hâte. Si tout va bien, le mois de mai va nous dépayser (ah parce que le Kenya ne dépayse pas assez? je t’entends déjà dire….) Et oui, ici même la boîte de mon Cher propose des congés de dépaysement qui te plongeraient dans un contexte autre que celui de ton quotidien (?) pour t’éviter le cafard… pauvres expats que nous sommes 😉
    Raconte vite tes vacances!

  3. Bonjour, je découvre ton blog avec cette belle visite de musée. Toutefois Giacometti est un sculpteur suisse, suisse italien certes .. mais suisse et non français !

    • Merci pour la précision, comme quoi visiter une expo avec des enfants petits ça fait zapper deux trois trucs au niveau des panneaux explicatifs quand même… 🙂 Suisse italien donc !

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