Buildings et pollution : Shanghaï a first sight

Prendre un taxi depuis l’aéroport de Shanghaï-Pudong pour le centre ville c’est se plonger immédiatement dans une certaine réalité shanghaïenne. 1) La ville est grande, très grande. 2) Elle est polluée, vraiment polluée. 3) Les buildings sont nombreux et hauts, bien bien hauts (et la plupart du temps moches, très très moches). Du coup dans le taxi en direction du centre je me demandais vaguement dans quelle galère on s’était embarqués (pour mémoire, notre envie d’ailleurs avait comme principal motif un mouvement vers une meilleure qualité de vie… Je me demande s’il n’y a pas eu une petite erreur d’aiguillage en route).

Shanghaï c’est grand. 6 340 km² de superficie (pour les nuls en calcul c’est  environ 100 km sur 63), contre 105,4 km² pour Paris intra-muros (60 fois moins !) et 17 175 km² pour l’agglomération parisienne dans son ensemble. 23,5 millions d’habitants, contre 2,5 à Paris intra-muros et 12,5 millions en agglomération parisienne. Une ville monstre, le coeur économique de la Chine. Du coup, les distances ne sont vraiment pas les mêmes qu’à Paris : 4 km entre deux stations de métro, et un petit cm sur la carte se traduit vite par la nécessité de prendre un taxi pour s’y rendre. Conséquence logique : c’est aussi une ville très embouteillée, notamment en centre ville où la circulation est dense tout le temps et super-dense aux heures de pointe. Il va falloir qu’on oublie notre réflexe de marcheurs urbains invétérés « oh ben ça n’a pas l’air loin sur la carte, on y va à pied ». Et on oublie d’autant plus que :

Shanghaï c’est vraiment pollué. Le premier jour notamment (pas de chance), la ville était nappée d’un nuage de brume et de pollution que mes poumons d’ancienne asthmatique ont immédiatement identifiés : un air qui fait mal à respirer et affole les alvéoles. Cette semaine, la mesure de pollution était moyenne : environ 100 µg de particules fines inférieures à 10 µm. Pour mémoire, le pic de polllution parisien qui a fait s’étouffer d’indignation nos médias nationaux et fait disparaître la tour Eiffel dans une brume gris-jaunatre il y a peu était mesurée dans ces eaux là et le niveau d’alerte est à 80 µg. Ici ça semble n’affoler personne : en décembre dernier Shanghaï a enregistré un pic record de pollution avec des concentrations de 500 µg de particules de moins de 2,5 µm (beaucoup plus petites et dangereuses donc), soit environ 30 fois ce qui est recommandé par l’OMS.

Les écoles françaises que nous avons visitées pour Beauté Brune ont d’ailleurs pris le pli : à l’entrée se trouve un tableau avec le niveau de pollution du jour. Smiley jaune et souriant (c’est à dire en gros en dessous de 50 µg) : pas de problème (aux normes locales en tout cas). Smiley orange pâle (environ 100 µg) : limitation des activités sportives. Smiley orange (150 µg) : les enfants ne sortent plus dans la cour de récréation. Smiley rouge (200 µg) : ce sont les parents qui décident s’ils amènent ou non leur enfant à l’école. On est prévenus, la qualité de l’air ici ça craint vraiment. Puisqu’il n’y a pas le choix il faudra bien faire avec, mais du coup les club house des résidences pour expats nous semblent tout de suite moins farfelus : quand se bouger dans l’air extérieur est si toxique, se dépenser dans une salle de sport ou une piscine à l’air filtré apparait tout de suite beaucoup plus sensé.

Alors, que faire contre cette crasse de l’air ? Un petit coup d’OMO anti-redéposition ? Renseignements pris, il semble que les seuls masques efficaces contre ce type de pollution sont des masques à cartouches. Mais si, vous en avez déjà vu : c’est le genre de masques que portent les ouvriers qui manipulent les produits dangereux dans nos usines, une version modernisée des masques à gaz de la guerre de 14. C’est sûrement bon pour les poumons mais quelque chose me dit que ça risque de ne pas faciliter les contacts si on décide d’en porter dans la vie de tous les jours…

Shanghaï c’est haut. Des buildings, des buildings, toujours des buildings, une énorme forêt de buildings. Et en dehors des quelques belles tours emblématiques de la skyline, ils sont globalement tous plus laids les uns que les autres (voyez la photo ci-dessus). Alors précisons le : une tour à Shanghaï, ça n’a rien à voir avec celles que nous connaissons à Paris. Pour vous donner une idée, tous les appartements que nous avons visités se situaient entre le 15ème et le 40 étage (et c’étaient des immeubles de taille raisonnable comparés à ceux de la skyline). Les trois tours les plus hautes du quartier des affaires sont la Jin Mao Tower (421 m), le Shanghaï World Financial Center (492 m) et en cours de finalisation, la Shanghaï Tower (632 m). A côté de ça, les « tours » du quartier chinois de Paris qui culminent à un ridicule 98 m font figure d’immeubles nains et Paris de morne plaine.

Les 3 tours

Dans le taxi qui nous ramenait de l’aéroport, MMM et moi n’arrêtions pas de nous dire que Paris c’était vraiment tout plat, que Roissy n’était vraiment pas loin du tout du centre et que cette ville était vraiment calme (OK, il était 6h du matin un samedi). Et une fois dehors nous avons empli nos poumons du bon air pur parisien en appréciant sa fraicheur et sa légèreté.

Et bien avec tout ça, j’ai quand même envie de partir là-bas. Ben oui, la contradiction ne me fait pas peur et l’optimisme me porte : la découverte vaudra sûrement les inconvénients.

 

Crédits photo : moi-même et MMM

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