Au temple du Dieu Protecteur de la Ville

Aussi incroyable que ça puisse paraître vu le nombre significatif de fois où nous nous sommes promenés du côté de Yu Garden et de son grand Bazar, nous n’étions encore jamais entrés dans le Temple du Dieu Protecteur de la Ville. Il faut dire que vue de l’extérieur son entrée ne paie pas de mine, et que nous étions jusqu’ici toujours accompagnés de nos attachantes mais bien remuantes petites Beautés. Or hier, j’avais troqué mes deux gremlins, en train de s’instruire loin de moi dans leurs écoles respectives, pour mes deux meilleures amies en vacances à Shanghai pour une semaine. Et curieusement elles sont bien plus ouvertes aux visites de temples inconnus se dressant sur notre chemin que mes enfants. Nos trois fois dix yuans acquittés, nous entrions donc dans la cour principale du temple et je tombais aussitôt en amour devant cette collection de lanternes rouges, ce nuage épais d’encens et le ballet incessant des fidèles venus demander on se sait quoi pour eux ou leur famille.

Visuellement et olfactivement, ce lieu a de quoi enchanter les visiteurs tant s’y concentrent une sorte de quintessence d’esthétique chinoise réelle et fantasmée. Des lanternes rouges, de grandes statues peintes, des dorures (beaucoup de dorures), des figures de sages peintes sur les murs, des rubans rouges noués partout, des moines taoïstes avec leurs bonnets de gaze laquée, de l’encens, des prosternations devant tous les autels, des airs de flûte, ce temple m’est apparu comme une sorte de concentré rêvé de Chine ancienne. J’ai hâte d’y retourner avec MMM pour lui montrer ma découverte.

Intellectuellement et culturellement en revanche, je dois bien avouer que nous n’avons pas compris grand chose, pour ne pas dire rien, aux enjeux des rites et pratiques qui se déroulaient sous nos yeux. La faute d’abord à nos guides touristiques sagement laissés à la maison pour ne pas alourdir nos sacs. La faute aussi aux peu d’efforts que j’ai produit jusqu’ici pour tenter de me faire une idée, même schématique, du système de pensée taoïste. Je sais bien que le yin et le yang sont des symboles de cette religion (ou philosophie, je ne sais pas bien), mais avouons le une fois qu’on a posé ça on n’est guère plus avancé. Par exemple, pourquoi les temple taoïstes ont-ils des officiants (prêtres ou moines ?) et pas les temples confucéens ? A cette pertinente question de mon amie Magic Soprano, je n’ai encore aucune réponse et je plonge dans des abîmes de réflexion. Voilà un sujet pour occuper mes longues soirées d’hiver et ma déprime post-départ une fois qu’elles auront regagné leurs pénates parisiennes.

Je rajoute donc immédiatement sur la liste de mes devoirs de lecture et de compréhension de culture chinoise de m’intéresser au taoïsme. Sachant que je n’ai pas encore attaqué le premier point, c’est à dire Confucius, sa vie, son oeuvre, je vais tâcher d’avoir un peu avancé sur ces sujets avant les grandes vacances. Cela parait même indispensable car sinon au train où ça va, je risque d’être débordée par ma liste de devoirs de grandes vacances…

 

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6 Comments

  1. Magnifique cette profusion de lanternes rouges : j’adore !
    Et aussi bien entendu les jolies porcelaines blanches et bleues au premier plan sur l’autel !
    C’est une très belle découverte ! tes amies ont forcément apprécié.
    J’ai moi aussi une question : pourquoi les piliers sont-ils souvent de cette belle couleur bleue vernissée, avec des caractères couleur or ? Il y avait les mêmes dans le temple que nous avons visité à Nankin sur la colline.
    Tu t’attends à une interro écrite à ta descente de l’avion cet été ? :+))

    • Si les interros ne portent que sur des tous petits détails comme ça, je ne suis pas près de passer le test 😉 Il va falloir que je me trouve un ou deux amis chinois un peu cultivés pour répondre à ce genre de questions pointues…

  2. Une photo qui m’intrigue beaucoup est celle montrant un alignement de personnages en céramique bleue vernissé et coiffés de mantes rouges. Bizarrement la forme de la coiffe m’a évoqué les capulets rouges des bigourdanes (hautes-Pyrennées) Echo inattendu !

    • C’est là où ma culture doit être complétée sur le taoïsme parce que je n’ai aucune idée de qui sont ces personnages (dont certains sont étranges, notamment un un a des mains à la place des yeux…). Quand je dis qu’il me reste du boulot…

  3. Ah, le temple du dieu protecteur de la ville ! Quand je l’ai cherché, je ne l’ai jamais trouvé. Je suis toujours tombée dessus quand je ne le cherchais pas.

    C’est l’un de mes temples préféré de Shanghai, car c’est le seul qui me parait réellement vivant, pratiquant (le second étant le temple Longhua, pour d’autres raisons, mais je n’y suis pas retournée depuis la fin des restaurations et ne sait donc pas trop ce qu’il en est aujourd’hui).

    Pour ce qui est du taoïsme, attention, il faut distinguer la philosophie de la religion. En effet, si les 2 sont parties d’un même point, elles sont pris des chemins bien différents, et peuvent se retrouver aujourd’hui assez antithétiques sur certains aspect. Ce qui n’aide évidemment pas à leur compréhension (et c’est pour cela d’ailleurs que je ne m’avancerai pas à tenter d’expliquer quoi que ce soit à leur sujet).

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