Opéra de Pékin et opéra à Pékin : une nouvelle année en musique

J’avais prévenu mais ça se confirme : l’opéra chinois est décidément ma marotte du moment. Et comme le hasard (ou plutôt un MMM déguisé en Père Noël) fait bien les choses, le passage de 2014 à 2015 a été placé entièrement sous le signe de l’opéra et de Pékin.

N’ayant prévu aucune activité remuante ou dansante pour le réveillon du nouvel an – dans la droite ligne des quinze années précédentes de refus de boum-boum-tagada-tsoin-tsoin en ce qui me concerne – nous avions devant nous une soirée au calme à la maison avec MMM et ma maman (au calme une fois les enfants couchés évidemment). Et pour occuper notre temps en attendant le passage à la nouvelle année et l’illumination des tours de Lujiazui, j’ai eu une folle envie de visionner la version de Turandot filmée dans l’enceinte de la Cité Interdite à Pékin (voir ici pour ceux qui ignorent encore qui est Turandot). Une version placée sous la direction musicale de Zubin Mehta, dans une mise en scène de Zhang Yimou et trouvée dans mon petit soulier au pied du sapin. Avec de merveilleux costumes en soie brodée, des danses reprenant les codes de l’opéra chinois et le pavillon des arts de la Cité Interdite en toile de fond, cette version nous transporte littéralement à la Cour impériale de Pékin. Mais avec une trame historiquement fausse et bien peu flatteuse pour les princesses chinoises cette authenticité historico-culturelle de la mise en scène m’a d’abord troublée. La magnificence du tout l’a finalement emporté sur mon besoin (un peu pénible) de cohérence intellectuelle, et ce malgré des prises de vue et une réalisation pas tout à fait à la hauteur de l’événement et de la qualité de la mise en scène de Zhang Yimou. J’ai donc terminé 2014 et entamé 2015 en chantonnant les airs de Turandot, lesquels sont (je l’ai appris à cette occasion) tirés d’une chanson chinoise traditionnelle. Viva Puccini !

Pour parachever l’avènement de la nouvelle année en musique, papa Noël avait aussi déposé deux places pour un spectacle d’Opéra de Pékin. J’ai vraiment dû être très sage cette année (ou alors j’ai épousé le Père Noël, allez savoir). N’ayant aucune idée du programme du spectacle, la faute aux caractères chinois, c’est ouvertes à toutes possibilités scéniques et programmatiques que nous nous sommes rendues au Yifu Theater avec ma maman. Bien nous en a pris car nous avons passé un moment merveilleux. Un premier extrait d’opéra mettait en scène une noble et sa servante, dans un émouvant solo où il devait s’agir d’amour déçu ou trompé, du moins à ce qu’il nous a semblé. Puis un long extrait d’opéra guerrier nous a emporté dans une épopée héroïco-comique émaillée d’acrobaties où les gentils gagnent à la fin.

C’était l’occasion de me féliciter de mes précédentes lectures sur l’opéra chinois – oui, j’aime m’auto-féliciter car en cette matière tout particulièrement on n’est jamais mieux servi que par soi-même – car grâce à elles j’ai pu repérer les quelques éléments qui m’ont permis de comprendre la trame l’histoire. Car s’il y a bien des sur-titres au Yifu Theater ils ne sont qu’en chinois, mieux vaut donc compter sur le peu que l’on comprend des scènes et sur son imagination pour reconstituer une histoire. Nous ne nous sommes pourtant pas ennuyées une seconde tant le spectacle est éblouissant et l’humour « molièresque » toujours au rendez-vous, même dans l’opéra guerrier. L’ambiance de la salle, joyeuse et animée, ponctuant de « ho » bruyants chaque performance scénique participait pleinement du spectacle et je n’ai qu’une hâte : y retourner, sans aucune crainte de m’ennuyer ou d’y être perdue. Encore, encore, encore ! Viva il opera di Pekino !

Finalement, n’ambitionnant pas de pouvoir lire les sur-titres dans les mois à venir (les résolutions de début d’année doivent rester raisonnables, telle est ma devise), je vais continuer à approfondir mes connaissances de l’opéra chinois et préparer par exemple un billet sur les masques de l’Opéra de Pékin, ou sur tout autre chose que je n’ai pas encore découvert sur l’opéra. En attendant la suite, je vous ai ramené et compilé quelques images du spectacle. Et ne me dites pas que ça ne vous donne pas envie d’y aller, je ne vous croirai pas. Viva il Opera di Pekino ! Viva China ! Viva !

 

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6 Comments

  1. Vous qui aimez tant l’opéra traditionnel chinois, il semblerait qu’il soit à l’honneur cette année à Shanghai. J’ai repéré plusieurs représentations dans plusieurs des grandes salles de Shanghai, que ce soit de l’opéra de Pékin, Suzhou, etc., notamment au SHOAC, qui si je ne me trompe pas, ne dois pas être très loin de chez vous.

    • Merci chère Renarde, je vais essayer d’y aller avec une relative régularité cette année et de multiplier les styles et les salles pour en apprécier la diversité. Je commence même à aimer écouter la musique sans le spectacle, l’imprégnation fonctionne : je commence à me siniser 😉

  2. j’ai vraiment beaucoup aimé. Bravo pour le film : excellente qualité !
    En l’an 2000, j’avais fait un voyage à Pékin et Shanghai. Et bien sûr, nous avions une sortie à l’Opéra de Pékin. C’était ma première fois « en vrai » et j’étais subjuguée par les costumes et les acrobaties, même sans comprendre l’intrigue !
    Un deuxième vrai spectacle à Shanghai était un vrai luxe ! Un grand merci !

  3. Il me manque la barbe blanche et le costume rouge, mais j’aime bien me prendre pour le pere Noel… surtout quand cela fait autant plaisir!!!
    Ceci dit MMM sait aussi se substituer au pere Noel de temps a autre… 😉

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