Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Si vous n’avez pas encore tout à fait terminé vos courses de Noël et que vous cherchez une dernière idée, vous pouvez peut-être acheter, emprunter, lire ou offrir Balzac et la Petite Tailleuse chinoise de Dai Sijie. Ce titre énigmatique donne déjà envie de le feuilleter, et la lecture n’a pas été en-dessous de cette promesse, bien au contraire. Et contrairement aux romans fleuves que je vous ai présentés jusqu’ici celui-ci est court et peut facilement se lire d’une traite : vous voyez, je fais des efforts à l’approche des fêtes.

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est le premier roman de Dai Sijie, romancier et cinéaste chinois installé en France depuis 1984. Ce roman, écrit directement en français et publié chez Gallimard, s’inspire de sa propre expérience de « jeune instruit » envoyé à la campagne pour se « rééduquer » durant la révolution culturelle. L’histoire met en scène deux amis « jeunes instruits », fils de médecins catalogués comme bourgeois réactionnaires, qui sont envoyés ensemble dans un village reculé de la montagne pour leur rééducation. Contrairement à ce que le contexte historique terrible pourrait laisser imaginer, le livre ne met pas l’accent sur les souffrances endurées durant cette période mais sur la soif de vivre et d’apprendre, l’inventivité, la vitalité et l’humour des deux protagoniste. Ils finissent par découvrir qu’un autre jeune instruit envoyé dans un village voisin, le Binoclard, cache une mystérieuse valise qui se révélera bourrée de livres interdits : de la littérature occidentale.

Après que les deux amis lui aient rendu un énorme service, le Binoclard accepte finalement de leur prêter Ursule Mirouët de Balzac, que tous deux dévorent et vivent comme une révélation absolue. Ils n’auront de cesse que de récupérer et lire la totalité des autres livres de la valise du Binoclard, tandis que Luo, l’un des deux amis tombe amoureux de la Petite Tailleuse Chinoise et l’initie elle aussi à cette littérature interdite. La littérature et Balzac transformeront leur vie à tout jamais.

Balzac et la petite tailleuse chinoise est un beau roman, qui a depuis sa parution connu un immense succès et été traduit en 25 langues dont le mandarin. Succès amplement mérité tant ce livre construit une intrigue originale entre les personnages, la mêle intelligemment et jamais gratuitement à la grande Histoire et dresse avec finesse le parcours initiatique de ces adolescents à l’orée de l’âge adulte. L’ode à la culture et à la littérature n’y sonnent jamais comme un parti pris intellectuel mais comme une expérience vivifiante et souvent infiniment drôle et créative chez les personnages. J’ai souvent ri ou souri à la lecture, l’absurde de certaines situations ouvrant des issues inattendues et de fréquentes pirouettes comiques. Bref, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir en le lisant et c’est aussi ce que la bonne littérature a à nous offrir. Bref, si vous ne l’avez déjà lu courrez l’acheter ou l’emprunter !

Et pour ceux qui préfèrent le septième art aux livres, sachez qu’il existe également une adaptation cinématographique de ce roman signée de Dai Sijie lui-même. J’ai tendance à toujours préférer l’original littéraire à l’adaptation filmée, mais si vous l’avez vue n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé : je suis curieuse d’avoir vos avis…

 

Crédit photo : Pedro Ruiz, pour Le Devoir

GrandBondMilieu_Balzac_petite_tailleuse_chinoise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Soyez bons en calcul et validez votre commentaire :