Bye-bye Paris, hello Shanghai !

Tout l’été je vous ai vanté la beauté de Paris, des couchers de soleils dans la campagne française, la tranquillité des rues et les charmes méconnus de la raclette par 39°. Bref, j’étais contente contente contente de revenir en France et j’en ai pleinement profité en revoyant moult amis, famille et ex-collègues, et même plusieurs fois pour beaucoup. Il n’y a eu que quelques ratés et impossibilités de calendrier, une météo presque parfaite comme je n’en avais pas vu depuis des années, et je reviens regonflée à bloc pour une deuxième année chinoise. Regonflée à bloc et avec des enfants contents d’être rentrés en France et tout aussi contents de revenir ici maintenant « qu’ils sont bien habitués » comme dit mon aîné. Vacances quasi parfaites donc, à part qu’elles ont une fin, mais sinon ce ne seraient plus des vacances.

Et qui dit retour à Shanghai dit retour sur le blog : la grève de l’écriture ça ne pouvait pas durer toute la vie, il n’y a pas de section SUD-stylo par ici voyez vous. Alors me connaissant je m’attendais à un petit coup de blues du retour mais – touchons du bois – pour l’instant tout va bien. J’ai bien eu l’impression que notre appartement était immense et surtout très très vide (l’exact opposé de notre impression de tout petit et très très plein en arrivant à Paris), que les tours de Lujiazui étaient incroyablement hautes (je les soupçonne d’avoir un peu grandi en notre absence), que les cigales locales – les cicadas – ont avalé un ampli et qu’ils ont oublié de débrancher le hammam extérieur avant qu’on arrive mais rien d’insurmontable. Alors pour fêter notre retour on est allé s’empiffrer de xiaolongbaos, il fallait bien remettre nos estomacs à l’heure chinoise.

L’avantage (ou l’inconvénient, allez savoir) de faire comme ça des allers-retours entre deux pays qu’on a appris à connaître de l’intérieur, c’est qu’on en voit mieux les qualités, mais aussi les défauts. Il y a ainsi des petits détails que je ne voyais pas ou plus en France et qui m’ont sauté aux yeux cet été (tout comme beaucoup de choses m’avaient sauté aux yeux à l’arrivée ici). Je vous en fait un petit florilège en guise de réadaptation sans (trop de) regrets à la vie shanghaienne :

– à Paris tu ne peux pas faire du shopping le dimanche après-midi sauf dans les zones touristiques et certains magasins de bricolage. Il se trouve que ce n’est pas toujours d’une mini-tour Eiffel ou d’une scie-cloche dont j’ai envie le dimanche, je suis une fille un peu difficile.

– à Paris les regards que les gens posent sur tes enfants dans les transports ne sont pas du tout attendris et souriants mais indifférents, voire hostiles. On ne sait jamais, des fois qu’ils seraient psychopathes et se mettraient à déféquer partout, mieux vaut prendre l’air revêche en premier. A l’arrivée à Shanghai des dizaines de chinois se sont extasiés sur mes enfants rien qu’en faisant la queue à l’immigration à l’aéroport.

– à Paris j’étais contente d’être là et je souriais facilement et je me suis rendue compte au bout d’un moment que ce n’était pas le cas des autres. Les parisiens sont beaucoup mieux élevés que les chinois, mais nettement nettement moins souriants et heureux de vivre qu’eux (nettement).

– à Paris personne ne se lève dans le métro pour que tu puisses t’asseoir avec le gremlin de 20kg qui squatte tes bras. T’avais qu’à pas faire de gosses : déjà que tu touches les alloc’, faut assumer tes choix… Assistée !

– à Paris tu peux trouver quatre jeunes zozos à capuche en train de fumer des joints au pied de ton immeuble, du genre qui ne te jette pas un regard et qui te fait baisser la tête pour rentrer rapidement à l’intérieur avec tes enfants. Et évidemment pas une brigade de moralité du peuple ou de camp de rééducation par le travail à l’horizon.

– à Paris la ville est sale et pue à tous les coins sombres de rue. Je ne le voyais plus en y vivant, mais les chinois doivent nous penser à la limite du sous-développement quand ils voient ça.

– en France tu regardes les menus des restaurants et tu te dis que pour le prix d’un plat brasserie moyen tu peux nourrir quatre personnes au restaurant à Shanghai. Tu conclues que les restaurateurs parisiens sont fous ou voleurs, voire les deux. Mais que quand même manger français c’est rudement bon.

Bon, plus qu’un tout petit effort et je je crois que je serai presque totalement réhabituée à Shanghai, alors c’est parti pour notre An II en Chine !

 

GrandBondMilieu_retour_Shanghai

 

8 Comments

  1. Déjàààààààààààààà repartis !
    J’adore ton florilège sur la France et Paris … tellement vrai 🙂
    Cela me rappelle une amie qui voyageait beaucoup en Afrique et qui disait  » la-bas, ils sont très pauvres mais tout le monde a le sourire, tu arrives à Orly : tout le monde fait la gueule ! »
    Profitez bien de cette expérience chinoise.
    Projetez-vous d’aller faire un tour à BeiJing ?
    Bizzz à vous.
    Aliette.

    • Ben oui, « déjà ». En même temps j’y suis restée 5 semaines avec les enfants, c’était déjà pas mal…
      Et le tour à Pékin est prévu, en tout cas en théorie, reste à fixer une date et organiser ça 😉
      Bises !

  2. On est tous fiers d’être en France dans l’absolu et de représenter notre pays à l’étranger puis, dès le premier voyage (je pense au mien en Turquie il y a quelques années déjà), on se rend compte qu’on a perdu le vrai contact avec les autres, qu’on ne sait plus ce qu’est la « chaleur humaine », à la limite, la moindre démonstration un peu plus conviviale que les autres avec des inconnus nous parait suspecte. Pauvres de nous !!!
    Bon retour, bonne reprise et plein de bises à vous tous.

  3. Ha le sourire facile quand tu rentres à Paris, qui finalement n’existe pas sur ceux qui y vivent… Je l’ai vécu cet été car je suis rentrée un petit peu aussi, et la différence d’ambiance est rude (surtout avec Londres et sa politesse exagérée – mais tellement appréciable).
    Mais bon comme tu dis, le fait de s’éloigner fait prendre conscience des qualités et forcément défauts des environnements dans lesquels on vivait, et qui faisaient partis de la « normalité » ! Le principal étant toujours d’être contente de rentrer je pense, que ce soit dans sa ville d’accueil ou de là où on vient 🙂

    Bon retour à Shanghai !
    xx

  4. He he passe quelques années sur place et tu sera d’un coup plus débonnaire avec ton pays d’origine, et moins coulante sur la chine et les chinois. Et de toute façon Paris c’est plus vraiment représentatif de la France…

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