Safari au Shanghai Wild Animal Park

Ce dimanche nous serions bien partis en safari photo en Tanzanie ou en Afrique du Sud. On s’y voyait déjà, levés aux aurores, profitant de la lumière magique, excités à l’idée de voir tous ces animaux sauvages dans leur milieu naturel. Et puis on s’est levés, on a vu les gratte-ciels et la grisaille et on s’est rabattus ce qui s’approchait le plus du Parc Kruger dans le coin (toutes proportions gardées) : le Shanghai Wild Animal Park. A vrai dire les enfants n’étaient pas follement enthousiastes à l’idée d’abandonner Bob-l’Eponge-le-film pour un ersatz de Parc Kruger,  mais on a tout de même réussi à les y traîner. Et au finish ils ont adoré : parents 7 – gremlins 0 (ben oui, c’est la coupe du monde rugby).

Se rendre au Shanghai Wild Animal Park (parfois aussi appelé zoo de Pudong) c’est déjà l’aventure ou presque. Pour un peu on se croirait vraiment en partance pour le Kenya sauf qu’on s’arrête juste avant l’aéroport, non sans être passé devant le futur Disneyland Shanghai (le château de la Belle au Bois Dormant est en bonne voie, on est rassurés). Bref, ce zoo est loin, très très loin au fin fond de Pudong, avec pour s’y rendre un choix cornélien entre emprunter la très excentrée ligne 16 ou prendre un taxi et lui laisser au bas mot 150 kuais. Nous avons reculé à l’idée du périple en métro avec gremlins ronchons et opté pour l’option de riche avec vue imprenable sur le futur Disneyland. A l’entrée nous avons été accueillis par une improbable troupe de danseuses pseudo-brésiliennes en strings à plumes se trémoussant sans musique mais avec le sourire, petite incursion latino-américano-kitsch avant de retrouver les fondamentaux : des animaux, des animaux, rien que des animaux. Et aussi du vert, du vert, beaucoup de vert.

Une fois à l’intérieur, on découvre un très beau parc animalier (et parc tout court) qui vaut largement la peine qu’on prend pour y aller. Les animaux sont installés dans de grands enclos arborés, propres et bien entretenus, et semblent visiblement aussi bien traités et heureux qu’on peut l’être en captivité. Le parc est immense et joliment paysagé, ce qui permet à la fois de faire de la marche et de ne jamais avoir l’impression d’étouffer au milieu de la foule (et ça ça compte en Chine). Le clou de la journée a été le tour-safari en bus grillagé, qui permet d’aller voir de près les animaux de la savane et les fauves vivant en liberté dans de grands enclos. Les enfants n’en menaient pas large au début, se disant que si le car était ainsi blindé c’est que sans doute nous allions être attaqués par des bêtes dangereuses, comme un cousin chinois du T-Rex. Mais une fois dedans ils ont vite été fascinés par les zèbres, zébus, gnous, girafes, antilopes et autres animaux paisibles, et rassurés de constater que les fauves repus n’avaient pas la moindre intention de nous ajouter à leur petit-déjeuner. Petit plus de la ballade : un employé du parc lance un peu de nourriture aux animaux dans chaque enclos, ce qui nous permet de les voir s’approcher très très près. Petit moins : habituer ainsi des animaux à être nourris à chaque bus qui passe n’est probablement pas très bon pour la conservation des instincts sauvages, mais bon, c’est un zoo… Nous sommes finalement ressortis de ces 25 mn de « safari » ravis, et fiers pour les petits d’avoir surmonté leurs craintes.

Outre la distance du centre ville, le seul bémol serait tout de même le petit côté « cash-machine » du parc. Car une fois à l’intérieur de très nombreuses possibilités sont offertes à ceux qui n’auront pas oublié de garnir leur porte-monnaie pour encore mieux profiter des animaux : l’incontournable tour safari en bus (non inclus dans le billet d’entrée, 35 kuais/pers, enfants compris), entrer dans l’enclos des kangourous pour les caresser (20 kuais/pers), leur acheter de la nourriture (2 kuais), aller au plus près des girafes et leur donner des feuilles à manger (20 kuais/pers), faire une promenade à dos d’éléphant (50 kuais/pers), les nourrir et leur caresser la trompe (30 kuai/ pers), donner à manger aux hippopotames (20 kuais/pers), entrer dans l’enclos des pigeons pour les nourrir (5 kuais/pers), faire un tour de manège ou de grande roue (encore quelques kuais), monter à dos de chameau (encore quelque kuais), etc. Mais même sans payer tous ces extras, on voit parfaitement les animaux et on profite de la promenade. J’ignore si les spectacles sont gratuits – on est en droit que penser que non – mais la bonne nouvelle c’est que la nourriture (pour humains) y est proposée à des tarifs tout à fait honnêtes, c’est toujours ça.

Voilà. Tout cela a fait un chouette dimanche, et côté vie sauvage je crois qu’on n’arrivera pas à faire mieux dans les environs de Shanghai. Il nous restera ensuite à envisager d’aller voir les pandas géants dans leur milieu naturel, ou de nous envoler pour l’Afrique pour un vrai safari photo. En attendant nous reprenons notre train-train de la semaine sans la grisaille, bon lundi à tous !

Shanghai Wild Animal Park (Shanghai ye sheng dong wu yuan) : 178 Nan Liu Highway (Nan Liu gong lu, proche Renmin Xi Lu), métro Wild Animal Park (L16). Entrée : 130 yuans / adulte, gratuit pour les enfants mesurant moins de 1,30 m.

GrandBondMilieu_Safari_Shanghai_zoo

9 Comments

  1. Ton article a l’air plutôt positif mais il n’y a rien à faire… je n’aime pas les zoos… j’ai trop l’impression de voir ces pauvres bêtes en prison, tout ça pour l’argent 🙁

    • Ben c’est un peu la réalité, ce sont des bêtes enfermées : c’est pour ça que je précise toujours s’ils ont l’air bien traités ou pas, je ne suis jamais entière confortable avec ça non plus. Je me rassure (un peu) en me disant que les zoos jouent aujourd’hui un rôle fondamental dans la préservation de certaines espèces… Et avec des enfants ça reste une sortie un peu incontournable, même si le parc Kruger serait infiniment plus super extra génial 😉

  2. Vous n’avez pas eu le droit au poulet coincé dans les fenêtres du bus, histoire que le tigre vienne le manger juste sous votre nez ? C’est ce à quoi j’ai eu droit, il y a je crois quasiment 10 ans de cela maintenant, lors de l’une de mes premières visites à Shanghai… Ce n’est pas plus mal qu’ils aient retiré ça du programme, ça n’aurait probablement pas rassuré les deux Beautés.

    • Non, ils ont remplacé le poulet par des branches pour que les girafes viennent grignoter gentiment, ça traumatise effectivement nettement moins les enfants 😉 Les fauves ils leur jettent de la viande mais à distance raisonnable, c’est plus sûr…

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