SuperMaso passe le HSK

C’était la rentrée, tout se passait bien, tranquillement, j’embêtais personne et personne ne m’embêtait, les enfants vaquaient à leurs occupations d’enfants, je reprenais le boulot en douceur et là d’un seul coup j’ai eu une idée. Je me suis dit : « ah ben tiens, c’est la rentrée, et si pour me motiver un peu à me remettre au chinois dont j’ai oublié les trois-quarts pendant les vacances je m’inscrivais au HSK ? » Le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi) c’est à dire le test officiel du ministère de l’éducation chinois pour tester le niveau de maîtrise du mandarin. Et oui, un examen que personne ne me demande, comme ça à froid au sortir des vacances, le genre d’idée qui ne peut traverser que moi. SuperMaso commençait déjà à s’agiter dans mon dos et à repasser sa cape. Mais j’ai fait bien mieux que d’avoir cette idée : je me suis réellement inscrite au test, fleur au fusil et sourire au lèvres. Ce sera donc le dimanche 13 septembre. Dimanche 13 : retenez bien cette date, presque un vendredi 13, un jour parfait pour une victoire de SuperMaso. Car il va sans dire que si par une combinaison improbable de réponses au pif et d’heureux hasards je n’échoue pas au test, mon ego en ressortira tout de même infailliblement laminé.

L’idée de départ était de me motiver à retravailler mon mandarin, jusqu’ici l’objectif était à peu près atteint et voilà donc une semaine et demi que je me suis attelée à mes révisions. Et que je me replonge dans de longues listes de vocabulaire, dans mes règles de grammaire, et même un peu de lecture de caractère, bref je révise, je révise. Pas comme au bac, mais tout de même, et j’avais même l’impression de commencer à reparler plus correctement chinois. Et puisqu’il me restait quelques leçons à prendre avec mon (cy)Borg préféré, j’ai décidé de les utiliser pour préparer ce test. Première séance de préparation hier, et premier orgasme cosmique de SuperMaso : le HSK, c’est pas pour les petites rigolotes comme moi qui croient que ça peut être une expérience distrayante entre deux leçons. Oh non, le HSK-2 c’est un vrai test pas évident (de la part du Ministère de l’Education chinois j’aurais pu m’en douter), et visiblement ce n’est pas ma petite année d’apprentissage non-intensif qui me met au niveau. Histoire de voir à quelle sauce j’allais être mangée, Borg m’a fait plancher sur un vrai test, pour voir où j’en étais. Techniquement le test se passe en deux parties chronométrées : une première de compréhension orale (avec dialogues enregistrés sur lesquels on nous pose des questions écrites) et une seconde de compréhension écrite.

Sur la compréhension orale, c’était déjà rock’n roll. Dès les premières phrases j’ai compris qu’il était inutile de chercher à comprendre ce qu’ils disaient et j’ai adopté la stratégie optimum de l’étudiant en panique : chercher la bonne réponse grâce à des indices. C’est à dire essayer d’entendre LE mot qui allait me permettre de cocher la bonne réponse. Très très loin de la vraie compréhension du chinois donc, et encore ce ne sont que des dialogues simples de quelques phrases. Rendue là, mon ego ne faisait déjà plus trop le fier alors que SuperMaso lui faisait reluire crânement ses bottes. Bon an mal an, j’ai rempli ma feuille, en tentant parfois ma chance (une chance sur trois, ça se tente toujours), et au final j’aurais semble-t-il validé cette partie du test. Mais certainement pas validé le « oh super, au bout d’un an de cours, j’ai quand même bien progressé ». Un an de cours et je ne comprends toujours rien à ce qu’ils racontent. Mais rien. Le sens général, parfois, quand j’arrive à attraper un mot ou deux au vol. Je finis de vous raconter la deuxième partie et après je commence ma dépression.

Deuxième partie : la compréhension écrite. Là je me dis, super, cette fois comme j’ai quand même un peu travaillé, ça va être nettement plus facile, ça va aller. Mais c’était sans compter sur SuperSadique, vous savez ?, celui qui passe son temps à rédiger les tests du HSK au ministère. Du coup un mot sur deux ou presque ne faisaient pas partie de ceux que j’ai appris l’année dernière, d’où sans grande surprise : échec. Echec gentiment camouflé par Borg qui m’a dit de ne pas m’inquiéter et que ça allait aller. Il est gentil finalement ce Borg, il ne veut pas m’humilier plus que je ne me suis employée à le faire en m’inscrivant moi-même à ce truc. D’ailleurs en vérité je ne m’inquiète pas du tout, surtout que rien ne changera dans ma vie si je rate ce test. Rien de grave en tout cas : un ego à caquet rabattu n’a jamais tué personne. A moins évidemment que SuperMaso ne décide de s’installer ad vitam dans mes pénates après toute cette bonne tranche de rigolade et ne décide de me faire passer le HSK-3 le mois prochain…

Bon ben c’est pas tout ça mais il faut que je vous laisse : entre mes révisions et commencer ma petite dépression j’ai du mianbao sur la planche moi…

 

Crédit image : News.sina

GrandBondMilieu_SuperMaso_HSK

12 Comments

    • Ben j’avais l’impression d’avoir un tout petit peu plus que le niveau survival, mais en fait non. Je me suis sanglée dans le train fou du grand huit de la mort, et maintenant ya plus qu’à 🙂

  1. Une expérience n’est pas à négliger …. rien à redouter et ça peut être rigolo ! A moins que tu ne veuilles faire un Master 2 (ou équivalent chinois) en Mandarin … je te connais, tu pourrais être tentée !!!!!!
    Bonne rentrée et bon dimanche 13 ! Bizz

    • J’aurais pu être tentée c’est vrai, mais ça c’était avant : avant d’y goûter, avant de prendre la mesure de la difficulté, avant d’en baver pour apprendre trois mots de petit nègre poussif… Mais bon, si jamais je réussis celui-là, va savoir si je n’aurai pas envie de passer le HSK3 voire le 4 😉 SuperMaso ne renonce jamais !

  2. Comment ça orgasme cosmique ??? Fais gaffe, je vais te réclamer des droits ^^
    Allez courage ! Pense à l’article hilarant que tu vas nous écrire sur l’exam en lui-même, je m’en régale d’avance 😀

    • Tu penses bien que j’ai pensé à toi quand ce mot m’est venu spontanément, mais c’était vraiment super-cosmique pour SuperMaso à ce moment là. Ma tête et l’intérieur de ma tête valaient sûrement un polaroïd 🙂

  3. Mais quel courage !! Bravo t’es une sacrée warrior ! J’aurais adoré (enfin, c’est un bien grand mot) mais pour ça il aurait fallu que je me penche serieusement sur la question. Allez, tu vas tout dechirer !! J’y crois 🙂

    • Non, non, pas une warrior, juste une dingo qui n’a aucune idée de pourquoi elle s’est embarquée là-dedans et qui se dit après coup « non mais franchement ça va pas la tête ? »

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