Xintiandi : un quartier entre deux mondes

Ce week-end nous avons accueilli le MeilleurAmi de MonMeilleurMari, venu nous rendre visite d’abord et s’ébaubir devant Shanghai ensuite. L’occasion en or de nous (re)transformer en guides touristiques pour lui faire découvrir le meilleur de la ville en quelques jours chrono. Si j’en crois son air ravi quand on en a eu fini avec lui, voilà encore une mission réussie pour le Comité d’Organisation Culturelle et d’Edification de la Famille dont je suis la présidente autoproclamée. Mission d’autant plus réussie que nous sommes parvenus à combiner des sites déjà vus moults fois ET à découvrir quelque chose de nouveau. L’occasion de vous présenter comme à lui Xintiandi, un quartier d’immeubles historiques en brique joliment rénové qui fait le grand écart entre lieux culturels historiques et quartier commerçant hype.

Côté face, le Xintiandi commerçant. Situé dans le quartier de l’ancienne concession française, au sud de la grande artère commerçante de Huaihai Road, ce que le visiteur perçoit d’abord de Xintiandi c’est sont côté commerçant et à la mode : bars, restaurants, magasins de déco sino-chic ou de vêtements de luxe, c’est un des lieux incontournables où se pressent chinois argentés et nombre de touristes et d’expatriés occidentaux. Et à juste raison car ce petit quartier piétonnier me fait toujours l’effet d’être une bulle dans la ville. L’architecture des bâtiments de briques de deux ou trois étages seulement, enjolivés de frontons sculptés exerce au milieu de l’urbanisme fou de Shanghai le charme rassurant de notre vieille Europe. C’est joli, ça donne envie de se promener à pied, de baguenauder dans les boutiques, de prendre son café en terrasse en prenant son temps, bref, tout cela vous a un petit je ne sais quoi de comme chez nous qui donne envie d’y venir et d’y revenir. Ce que j’ai fait à plusieurs reprises durant notre première année, juste pour le plaisir ou pour y prendre un café.

 

Côté pile, le Xintiandi historique. Sautant un tout petit peu moins aux yeux mais valant à mon sens largement une visite, Xintiandi recèle aussi deux petites pépites historiques : le site historique du premier congrès du Parti Communiste Chinois et le petit mais très charmant musée des Shikumen. Aller savoir pourquoi, malgré la consultation régulière de notre fidèle guide de la ville ce n’est qu’en ce début de deuxième année shanghaienne que nous avons visité ces deux sites en deux occasions différentes. Avec dans les deux cas l’avantage de ne pas occuper toute la matinée : vingt minutes et puis s’en vont, le prétexte parfait pour aller ensuite prendre un café en terrasse.

Commençons par le petit musée des Shikumen, ou maisons à frontons de pierre, habitation traditionnelle de la vieille ville de Shanghai. Ce musée consiste en une shikumen rénovée et entièrement meublée comme à l’époque, y compris la chambrette de l’entresol, souvent louée à un écrivain désargenté. Le dernier étage sous les toits a été transformé en bel espace d’exposition. J’ai totalement succombé au charme de la visite, on se croirait revenu dans le Shanghai des années 30 et si je m’étais écoutée je serais allé enfiler une qipao.

Continuons par l’intéressante visite du site historique du premier congrès national du PCC. Après la visite d’un tout petit musée consacré aux « reliques » des premières années du PCC, présentant plusieurs objets étonnants comme une ancienne borne de délimitation de la concession internationale ou des billets des banques sino-belges ou sino-suisses. Objets et photos datant de la formation du PCC sont évidemment à l’honneur, témoignages historiques intéressants bien au-delà de leur valeur politique. On passe ensuite dans la pièce ayant accueilli ce premier « congrès », en réalité la réunion clandestine et confidentielle de quelques membre fondateurs du parti, dont Mao Zedong, le 23 juillet 1921. Comparé au décorum actuel des congrès du PCC, la modestie et l’étroitesse du lieu étonne vraiment. Pour finir on peut actuellement visiter l’exposition consacrée au 70ème anniversaire de la fin de la guerre anti-fasciste et anti-impérialiste (traduisez : la défaite de l’armée japonaise en 1945), malheureusement exclusivement commentée en chinois.

 

Voilà, après cette dernière visite, la présidente du Comité d’Organisation Culturelle et d’Edification de la Famille que je suis se trouve dûment édifiée et cultivée, l’objectif du week-end est donc parfaitement rempli. Et le week-end prochain nous végèterons lamentablement devant la télé, car en terme d’édification de la famille point trop n’en faut non plus.

 

Xintiandi : quartier délimité par les rues Madang Lu, Zizhong Lu, Huangpi Nan Lu et Taicang Lu. Métro Xintiandi (L10) ou South Huangpi Road (L1).

Musée des Shikumen : Xingye Lu, entrée par la boutique située à l’angle de l’allée entrant dans le bloc nord. 20 yuans / adulte.

Site du premier congrès national du PCC : 76 Xingye Lu. Entrée libre (munissez vous de votre passeport au cas où).

 

GrandBondMilieu_Xintiandi

6 Comments

  1. Le musée des Shikumen est effectivement très mignon. Dans le même genre, je conseille aussi la maison de Lu Xun, qui est dans un Shikumen. Sinon, il y a aussi les maisons de Song Qingling, Sun Yatsen, etc. (mais qui sont des villas, pas des shikumens).

    La photo devant le grand drapeau rouge, à l’entrée du site du premier congrès du parti communiste, est devenu un incontournable. Tous mes visiteurs y ont le droit. Je trouve aussi ça aussi fascinant comme de tous les personnages présents (représentés par leurs statues de cire), seul Mao a survécu (la rumeur dit cependant qu’il n’avait même pas assisté à la réunion – je n’ai pas encore fait de recherches pour confirmer/infirmer cela).

    Et pour finir, plutôt que Xintiandi, je préfère largement aller prendre un verre à Tianzifang.

    • La maison de Sun Yatsen est en rénovation pour plusieurs mois, mais elle est sur ma liste. Quant à la présence de Mao au premier congrès, plusieurs de ses biographies disent qu’il y a bien assisté (mais ont-elles été écrites sur la base de sources de première main ou sur la reprise d’informations publiées ailleurs, je ne sais pas…).
      Je préfère également l’ambiance un peu moins hype de Tianzifang, mais ce sera pour un prochain billet, ça vient, ça vient…

    • Je confirme, nous aussi on a dû chercher un petit moment pour trouver l’entrée : passer par un magasin qui n’indique absolument pas l’entrée du musée, c’est pas banal 😉 Il se mérite celui-là…

  2. Que tu me donnes envie d’aller voir avec mes propres yeux! D’ailleurs, ton blog m’a bien fait comprendre une chose : la Chine, ce n’est pas si loin. C’est ainsi qu’armée de ma carte bleue qui est verte, j’ai réservé un voyage pour la Chine sur 10 jours pour les 50 ans de ma MamanChérie. Elle en a été ravie car la Chine était un pays qui la faisait rêver depuis toujours ( mais ne sait pas que c’est grâce à toi que j’ai franchi le cap), en revanche, elle trouvait que les certains guides avaient une approche pas réellement objective et elle s’est sentie flouée lors de certaines visites. Je me demandais si c’était réellement le cas, où si c’était seulement la fatigue et la barrière du langage qui lui donnait cette impression. Merci, chère présidente du Comité d’Organisation Culturelle et d’Edification de la Famille pour vos renseignements 😉

    • Et bien si j’ai permis à quelqu’un de découvrir la Chine j’en suis ravie, d’autant plus que c’était (bêtement) un pays qui ne m’attirait pas vraiment avant de venir y vivre. Comme quoi il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis 😉
      Je suis curieuse de savoir sur quels sites ta maman s’est sentie « flouée »… Et pour ce qui est des guides, surtout chinois, leur pays est toujours le plus beau pays du monde non ?

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