Faire honneur au thé au Temple de Confucius

Encore une journée de beau temps à Shanghai, et avec des températures enfin tempérées. Octobre est vraiment un beau mois ici, digne d’accueillir mon anniversaire autrement que sous la pluie et le vent comme c’est toujours le cas à Paris.

Pour fêter ce bel automne, nos pas nous ont mené ce matin vers le temple de Confucius, l’un des temples confucéens de Shanghai. Dédié comme son nom l’indique à Kong Fu Zi (ou Maître Kong), dont je promets solennellement d’essayer un jour prochain de vous faire un cours pour les nuls (un apprentissage pour les nuls à moi-même sera déjà pas mal), il nous a littéralement ravis. Petit, coquet, très calme, nous l’avons visité presque seuls, avec nos Beautés galopant et criant au milieu de la cour (« Chut, chut ! Arrêtez de crier, c’est un temple ici ! Chut ! »). Les chinois étant vraiment adorables et très (trop ?) tolérants avec les enfants ça semblait beaucoup moins les gêner que nous que nos mini-hordes barbares aient déferlées sur le temple. Nos petits huns se sont un peu rattrapés en entrant dans le pavillon principal. Fidèle à ce qui est en train de devenir une habitude, Beauté Blonde s’est tout de suite prosterné en rythme avec un pratiquant, et Beauté Brune qui observait la scène est venu me demander ensuite comment faire. Il se prosterne désormais lui aussi très bien et semblait très content de lui d’avoir pu faire « ce truc trop fastoche ».

Mais quel type de requête peut on formuler au maître me direz vous ? Notre guide touristique nous indique que demander la réussite aux examens pour ses enfants est assez populaire et qu’en conséquence le temple est beaucoup plus fréquenté au mois de juillet. Ce matin il y avait un jeune adolescent qui semblait adresser une prière officielle au maître, assisté par la voix de stentor d’un employé du lieu qui le guidait dans les prosternations et les prières à adresser. Les quelques personnes qui étaient là avec nous assistaient en silence à ce moment de recueillement, demeuré énigmatique pour nous mais chargé d’une réelle solennité malgré les (ou grâce aux) déclamations du monsieur. Une fois la prière terminée, l’employé retrouva son air jovial et tout le monde se dispersa dans la bonne humeur. Peut-être pourrais-je vous en dire plus une fois que j’aurais enfin compris en quoi Maître Kong revêt une place de divinité (et une fois que j’aurai un peu progressé en chinois).

Sur la gauche du pavillon principal, un pavillon plus petit abrite une petite boutique de peintures chinoise et d’accessoires pour le thé. Dans l’une des salles, nous avons accepté de procéder à notre première cérémonie chinoise du thé (incluse dans le prix modique du ticket d’entrée) et déguster un Oolong, un thé au jasmin et un thé noir de grande qualité. Même MMM les a goûté, c’est dire s’ils étaient bons. Le thé au jasmin était en lui-même une découverte poétique : plongeant dans l’eau chaude une fleur grise desséchée, elle s’ouvre progressivement comme une anémone pour laisser voir une seconde fleur rose à l’intérieur. Une fois pleinement ouverte, la fleur rose remonte à la surface et apparaît reliée à la fleur grise par un petit cordon de fleurs de jasmin, flottant ainsi entre deux eaux. C’est merveilleusement beau à voir et le parfum de ce thé est le plus délicat que j’ai jamais goûté. Sans doute le spectacle de l’ouverture qui précède la dégustation prépare-t-elle l’émerveillement gustatif, sans doute aussi le rituel des transvasements dans divers récipients avant d’être servis y participe-t-il, en tout cas cette dégustation est déjà sur la liste des incontournables pour mes amies amatrices de thé lorsqu’elles viendront nous voir. On peut évidemment y acheter le thé dégusté, mais à 100 yuans les 100 g les thés Mariage Frères font figure de denrées bon marché.

Une deuxième partie du temple présente une sorte de cloître, un bassin où nagent des carpes, orné en son milieu du Rocher des Cris de Dragon et de Tigre, d’une pagode, et d’un dernier petit pavillon où est présenté une très jolie collection de théières anciennes, de toutes formes, toutes tailles et toutes couleurs. De cela vous n’aurez pas de photos puisque la batterie de l’appareil nous a lâchement abandonnés devant la statue de Maître Kong. Voilà un excellent prétexte pour y retourner, même si nous n’avons pas besoin d’autre prétexte que notre plaisir d’y être venus ce matin.

 

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