Vertigineuse Perle de l’Orient

La Perle de l’Orient, c’est comme la tour Eiffel : tout le monde connait, même sans avoir jamais mis les pieds à Shanghai. C’est l’emblème de la ville, sa construction la plus reconnaissable avec ses trois boules roses façon fusée des années 60. Je l’avais vue mille fois avant d’arriver ici, et honnêtement en photo je la trouvais assez laide. Curieusement en vrai le charme opère et je l’ai tout de suite trouvée… je ne sais pas : jolie ? élégante ? gracieuse ? Quelque chose dans ce goût là. Et de nuit c’est comme notre grande dame parisienne, la lumière la transcende littéralement et m’hypnotise tel un Kaa urbain. Mais tout ça restait une vision extérieure, une petite visite de loin en loin en bon voisins. Pour ce qui était d’y monter, pas fous les moineaux, nous avons renoncé plusieurs fois devant l’ampleur de la queue qui s’y pressait. Y monter oui, passer deux ou trois heures dans une queue à se faire pousser et piétiner par des chinois pour se refaire pousser et piétiner une fois en haut : jamais. Or tout vient à point à qui sait attendre puisque lundi dernier, soit 16 longs mois après notre arrivée à Shanghai nous sommes enfin montés à la Perle de l’Orient, et sans faire la queue une seconde.

Bon, en réalité le truc est simple : pour ne pas faire la queue, il faut y aller à l’ouverture (nous y étions à 9h tapantes), en semaine et en dehors des vacances chinoises. A dix heure selon mes critères il est déjà trop tard : les cars déversent leurs groupes de scolaires et de touristes. Idéalement il faut réussir à combiner l’horaire et le jour avec de bonnes conditions météo et pollution, et ensuite c’est parti pour une expérience inoubliable à 360° et à trois altitudes différentes. Je vous emmène pour un petit aperçu de la tour en quatre étapes.

1. Rez de chaussée : en attendant l’ascenseur

Le rez-de-chaussée est organisé comme le reste de la tour : en rond. Et quand on vous dit qu’il faut se méfier des queues à la Perle de l’Orient, voyez un peu ces rangées interminables de barrières pour organiser la queue. Imaginez les noires de monde bien tassé, de même que les coursives autour de l’ascenseur. C’est bien simple, c’était la première fois que nous les voyions sans personne (jusqu’ici nous prenions la rangée parallèle qui mène au musée d’histoire de la ville de Shanghai, bien contents d’éviter ce cauchemar).


2. Premiers observatoires : 263 m, dans la boule du milieu

Un petit tour en ascenseur, les oreilles qui bourdonnent un peu et vous voilà rendus au premier observatoire, celui de la boule du milieu. Et puisqu’il s’agit de boules, la vision sur la ville est à 360° et c’est son immense avantage sur l’observatoire du décapsuleur. Ça et le fait que du coup la vue sur les trois tours – Jinmao, Décapsuleur et tour de Shanghai – est époustouflante. Là nous avons eu l’occasion d’attraper un vertige par procuration en regardant les laveurs de vitre faire leur travail à l’extérieur de la tour (et ôter leur ligne de vie pour se déplacer au dessus du vide et aller s’accrocher tranquillement au prochain tuyau, un grand moment de terreur). Mais que serait un vertige par procuration sans l’occasion d’en éprouver un vrai soi-même ? Pas grand-chose…

On descend donc un étage pour aller se faire peur sur le must absolu de cette visite : l’étage à plancher de verre. Et là, même moi et mes restes d’escalade ne faisions pas les malins : s’avancer sur ces dalles avec sous vos pieds l’esplanade de la tour est vraiment une sensation forte. Certains chinois ne s’y risquent qu’après avoir tapoté les dalles du pied, pour s’assurer qu’elles sont bien fixées sans doute. Nous avons fait deux fois, ou trois fois le tour tellement la vue et la sensation sont époustouflantes.

 

3. Deuxième observatoire : la « space capsule »

Notre billet nous donnait également accès à la space capsule, nous voilà donc partis pour le deuxième observatoire, celui situé dans la toute petite boule du haut à 351 m. Pour s’y rendre suivez les hôtesses habillées en combinaison lamé argent, revêtez des surchaussures et transportez vous en ascenseur à travers l’espace-temps jusqu’à un épisode de Cosmos 1999. Tout y est, sauf que les hôtesses vous parlent en chinois et que Martin Landau devait avoir piscine. La vue y est moins vertigineuse mais toujours spectaculaire. La variation d’altitude offre un autre angle sur la ville et les tours et complète bien l’observatoire « inférieur ».

 

4. Troisième observatoire : la boule inférieure

Après tout cela vous en avez déjà plein les yeux et vous amorcez la descente. L’ascenseur vous lâche dans la boule inférieure, qui n’est autre qu’une immense salle de jeux électroniques de toute sortes où vous êtes invités à dépenser un peu plus votre argent. Quelques marches vous mènent à l’étage inférieur et au « roller coster » : vous n’en croyez pas vos yeux mais il y a bien une mini-montagne russe dans la tour, pour ceux qui n’avaient pas eu assez de sensations fortes au premier observatoire sans doute. Juste avant le dernier ascenseur pour la sortie, vous trouvez le troisième observatoire, moins haut mais entièrement à l’air libre et offrant un point de vue encore différent sur Lujiazui. Là c’est bien simple, il n’y avait que MonMeilleurMari et moi : la ville était toute à nous.

On rejoint enfin le hall inférieur par l’ascenseur panoramique transparent qui offre une dernière sensation vertigineuse avant le retour sur le plancher des vaches, une heure et demi plus tard dans notre cas.

 

Et au bilan…

Nous sommes ressortis de cette visite enchantés, ravis, transportés, bref heureux comme tout d’être enfin montés dans cette tour qui – dans ces conditions idéales – supplante et de très loin les visites de la Jinmao et du Décapsuleur. Pour moi ce fût un énorme coup de coeur, mais je sais aussi que la même visite noire de monde m’aurait gâché le plaisir (et que j’ai bien fait d’attendre aussi longtemps pour le faire dans de si bonnes conditions).

Bon et bien maintenant il ne reste plus qu’à la Tour de Shanghai d’ouvrir son observatoire – qui sera le plus haut de Chine et sauf erreur le deuxième plus haut du monde derrière celui de la Burj Khalifa à Dubaï – pour terminer notre collection de tours shanghaiennes…

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Tour de la Perle de l’Orient : 1 Century Avenue, Métro Lujiazui (L2). Billets : 220 kuais / personne.

GrandBondMilieu_PearlTower_PerleOrient

10 Comments

  1. merci pour cette jolie ballade moi ma plus haute tour est Empire car je n’avais pas pu monter aux tours jumelles à cause de la foule beaucoup de regrets
    bonnes fêtes de fin d’année je vous embrasse

  2. J’ai eu le vertige rien qu’en regardant vos photos ! Mon mari et mon fils y étaient allés sans moi, j’avais visité le musée en les attendant, je ne voulais pas y monter !

    • Je peux vraiment comprendre maintenant que je l’ai fait, encore que l’on peut tout à fait faire la visite en s’abstenant de la partie plancher en verre et profiter de la vue exceptionnelle…

  3. J’avais des fourmis dans les jambes en regardant les plaques de verre, puis finalement j’ai admiré le paysage que tu nous présentes et les ombres portées ou reflets de cette tour originale. Je suis un peu rassurée… je n’irai jamais !!! Donc merci encore de cette visite inespérée.
    Bises et bonnes fêtes de fin d’année à tous.

    • Ah oui, c’est sûr qu’avec ton vertige impossible d’y monter. De toutes les visites de tours que j’ai faites je crois vraiment que c’est la plus impressionnante ! Contente de te l’avoir fait découvrir par procuration 😉 Bises

  4. Oui, c’est chouette les grandes tours. La vue y est évidemment imprenable. Pour nous, ce fut la Burj Khalifa et, tout pareil que vous, le choix du moment, hors week-end et en plein été (basse saison aux UAE), avait grandement participé à la réussite de la visite.

    • Wouaaaah, la Burj Khalifa ça doit être totalement dingue, le paysage doit être dément ! Peut-être qu’un jour on s’y arrêtera aussi…

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