Un nouvel an à Angkor

Et non, malgré ce que mon long silence aurait pu laisser supposer je n’ai pas passé les fêtes de fin d’année dans le triangle des Bermudes, ni même en France dans le triangle saumon-champagne-foie gras. Nous sommes tout bonnement restés en Asie, partageant notre temps entre Shanghai (où nous avons fêté Noël) et le Cambodge (où nous sommes partis sitôt les cadeaux déballés). Et sans l’avoir particulièrement pensé ni anticipé, j’ai fait une pause d’écriture pour profiter de chaque minute passée à Angkor. Je vous aurais bien abreuvé de mon enthousiasme touristico-archéologique au jour le jour, mais la quantité astronomique de photos prises (nécessitant donc tri sérieux et retraitement) et la peur de bâcler un texte à demi-intéressant m’a fait surseoir. Ce n’était que reculer pour mieux sauter car de ce voyage au Cambodge je vais vous parler, et probablement plusieurs fois.

Il me semble que je radote, mais le Cambodge, et Angkor en particulier, me faisaient rêver depuis quinze ans. Depuis un voyage mémorable en Thaïlande avec mon amie Magic Soprano et la découverte de nos premiers temples khmers dans l’est du pays. Depuis j’avais écumé et ré-écumé le musée Guimet en long en large et en travers, compulsé des centaines de fois un numéro spécial « Angkor » de Télérama qui est toujours en bonne place dans mes toilettes à Paris, bref, j’étais intérieurement fin prête depuis belle lurette. Sauf que flanquée de mes deux gremlins je me disais qu’il me faudrait repousser ce voyage à un plus tard incertain. C’était sans compter sans l’audace de MonMeilleurMari qui lui n’a pas reculé à l’idée de passer les fêtes au Cambodge, même accompagnés de nos deux terreurs. Tope-là, plus on est de fous plus on rit, c’était parti.

Et puisqu’il n’était pas question une seconde que mes enfants me gâchent un fantasme vieux de quinze ans, je les ai sévèrement briefés avant de partir. Surtout le grand d’ailleurs, le petit étant (encore) partant pour nous suivre partout quoi qu’on fasse. A grands renforts de « je te préviens, ça fait des années que maman veut faire ce voyage, il n’est pas question que tu fasses la tête toute la journée et que tu refuses de visiter les temples », et d’arguments hautement pédagogiques du type « si tu nous gâches les matinées de visite tu seras privé de piscine l’après-midi » ou encore « je ne suis pas sûre que le Père Noël passera l’année prochaine ». Oui : de viles menaces, purement et simplement. Mais je suis sûre que si Dolto avait dû visiter Angkor avec mes enfants elle aurait approuvé. Quoi qu’il en soit, Beauté Brune ayant bien compris que cette fois j’étais extrêmement sérieuse il s’est miraculeusement tenu à carreau. On a bien eu droit à une ou deux protestations isolées et à une abstention sur un ou deux temples, mais il a globalement suivi notre ambitieux programme de trois temples par jours pendant six jours et il a même daigné dire que ça lui avait plu mais seulement un tout petit peu. Devant ce bel effort culturel, nous l’avons laissé longuement barboter dans la piscine chaque après-midi, vous voyez qu’on n’est pas si chiens.

En réalité, visiter Angkor avec des enfants petits présente même de réels avantages. 1) Ils sont levés tôt, et vous avec. Ce qui en temps normal est la plaie des vacances devient l’occasion parfaite de visiter les sites dans la fraîcheur matinale et avant l’arrivée des cars de touristes (chinois, presque tous chinois). Et ça, ça n’a pas de prix. 2) Les temples d’Angkor sont en pleine jungle. Alors pour des petits shanghaiens confinés chez eux depuis des semaines pour cause de pollution excessive et de météo exécrable, passer sa journée dehors au soleil en pleine nature avec des tas de pierres à escalader de de vieux temples mystérieux où se cacher, c’est pas loin d’être le bonheur. Et 3), il n’y a pas de 3 parce que pour le reste c’est tout de même du sport de surveiller les enfants qui courent partout tout en prenant des tonnes de photos et en empêchant les chinois de prendre des tonnes de photos de nos enfants qui courent partout, mais finalement pas tellement plus que pour d’autres destinations.

Après une semaine d’extase de vieilles pierres, nous avons « réveillonné » le 31 à Siem Reap dans une excellente trattoria sans foie gras, ni champagne, ni saumon (mais avec une excellente bruschetta). Et à 21h nous étions dans le tuk-tuk de retour, avec une Beauté Blonde déjà abandonné dans les bras de morphée et rien de mieux à faire qu’aller nous coucher. Un réveillon tout ce qu’il y avait de plus calme, mais avec des souvenirs plein la tête. Alors en attendant de vous faire un vrai récit en mots et en images de notre voyage au Cambodge, je vous souhaite une année 2016 pleine de rêve et de voyages, de surprises et de découvertes, et de bonnes nouvelles pour ceux qui en attendent.

 

GrandBondMilieu_Cambodge

17 Comments

  1. Angkor reste un de nos voyages les plus marquants « malgré 3 enfants alors âgés de 1 à 9 ans environ. Du temple, de la mousse, des lianes et des arbres à n’en plus pouvoir, du tuk tuk à 5. Que des beaux souvenirs de ce voyage que le Mâle appréhendait et que nous avons finalement adoré.

    • C’est tout à fait ça : les lianes, la mousse, les visages énigmatiques, les tuk-tuks et bien entendu l’amok à déguster. J’ai à la fois hâte (et peur) de me replonger dans mes centaines de photos pour vous faire une sorte de « best-of » subjectif…

  2. Des photos, des photos…!!!!
    Investir dans la réalisation de ses rêves garantit le meilleur retour sur investissement, et l’optimisation de ton patrimoine de souvenirs…c’est un financier qui te le dit.

    Bises aux quatre grands voyageurs

    • Ca vient, ça vient, il faut que je trie mon millier de photos (oui, mille, et c’est même pas une figure de style) et que j’essaie d’ordonner tout ça pour ne pas vous filer d’emblée une indigestion khmère 😉 Et sinon bien d’accord dans l’investissement dans les souvenirs… Bisous !

  3. Angkor, j’en rêve !
    Et ne t’inquiète pas, au niveau des photos, je ne penses pas que tu puisses faire pire que les 2 ans que j’ai mis à trier/traiter les photos du voyage dont je suis en train de parler sur mon blog (et encore, je n’ai pas fini, j’espère que ce sera fait avant que le récit n’en arrive à là où j’en suis !).

    • Je m’engage solennellement à mettre moins de deux ans pour mon tri photo, il faut juste que j’ai le courage de me lancer dedans et d’essayer de vous construire quelque chose de pas trop touffu non plus 😉 Et après ça tu devrais en rêver encore plus…

  4. Merci de faire rêver les copines qui ont définitivement sombré dans le triangle couches-biberons-tétines pendant les fêtes. J’ai hâte de voir tes photos 😉

    • Ah oui, celui-là il est redoutable… 😉 Mais il permet normalement de rejoindre le triangle saumon-champagne-foie gras passé une certaine heure non ?

  5. Tu nous fais rêver, Tara et nous avons encore les souvenirs de ces lieux magiques et mystérieux qui nous hantent parfois dans nos rêves les plus fous.
    Anne , elle aussi a une relation toute particulière et fusionnelle avec ce pays où elle est allé quatre fois et pour tout vous dire nous avions pour le nouvel an un jeune cambodgien étudiant à Nantes que nous avons connu tout enfant lors de nos voyages dans ce pays.
    Des bisous de nous deux à toute la famille d’expat

  6. Moi aussi j’attends les photos avec impatience ….. L’exercice de trier et classer les photos permet aussi de faire rejaillir les moments, les circonstances et une grande bouffée de très bons souvenirs ….

    • Oh oui, et avec le froid qui nous frigorifie en ce moment se replonger dans du chaud et du beau fera forcément du bien. J’essaye de m’y mettre ce week-end. Bises !

  7. Moi je te souhaite une année 2016 pleine d’autres beaux voyages comme celui-ci…. et en Asie puisque vous y êtes profitez-en.
    Plein de bises aussi à vous 4.

    • Merci, plein de bonnes choses à vous aussi en 2016, en voyage ou tranquillement chez vous. Le prochain voyage ce sera Pékin d’ici un mois pour le nouvel an chinois, encore des tonnes de photos à faire et à trier en perspective 🙂

  8. Salut ! Je rattrape mes lectures après une fin de 2015 chamboulée et un début de 2016 stressée par la visite de la belle famille. Comme tu as fermé les commentaires sur tes anciens billets, je profite de celui-ci pour te souhaiter une belle année 2016, il faut croire que je commence à me faire au décalage africain. En plus, tiens c’est le nouvel an chinois ! Doublement joyeuse année et à très bientôt!

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