Déménager pour la Chine, ça ne s’improvise pas

Qu’on se le dise : déménager en Chine, ça ne s’improvise pas.

Si tant est que vous soyez de ce genre là, oubliez les cartons à moitié mal faits que vos amis acceptent gentiment de transporter jusqu’à la camionnette louée pour l’occasion. Oubliez également votre tendance à procrastiner sur le tri de vos affaires qui vous fait mettre tout en vrac dans les derniers cartons en vous disant « je ferai le tri au déballage ». Oubliez, halte là, arrêtez tout, en un mot : non. Pas d’improvisation pour les étrangers qui partent en Chine. Organisation, organisation, or-ga-ni-sa-tion. Non pas parce que d’un coup de baguette magique vous auriez pris de bonnes résolutions ou que l’angoisse de l’expat’ vous fasse dans un sursaut préparer un déménagement au carré comme à l’armée. Non, pour déménager en Chine vous êtes obligés de vous organiser parce que la Chine le veut. Et ce que Chine veut…

Il va donc nous falloir penser à l’avance à séparer les affaires à emmener en trois parties distinctes. Une pour le fret maritime, une pour le fret aérien et une qu’on emmènera avec nous dans l’avion. Chaque partie doit être bien réfléchie et pesée (au sens propre du terme) et répondre à un certain nombre de petites contraintes amusantes. Réussir à organiser le tout en répondant à CHACUNE des règles me rappelle ces jeux de logique que vous trouvez dans les Tele 7 Jeux. Vous savez, ces jeux ou vous avez quatre gamins qui jouent chacun à un sport et chacun sur un lieu différent, ils vous donnent quatre affirmations et avec des grilles qui deviennent vite illisibles vous devez retrouvez qui fait quoi où et à quelle heure. Je n’ai JAMAIS réussi à terminer un de ces trucs, mais parole de scout je réussirai mon déménagement !

Donc liste des règles amusantes concoctées par les déménageurs internationaux, l’administration chinoise et les compagnies aériennes pour nous nous distraire pendant qu’on prépare nos paquets :

  1. Ce qui partira en fret, aérien comme maritime, ne partira de France QUE lorsque nous aurons obtenu notre residence permit chinois, à savoir au mieux 5 semaines APRÈS notre arrivée sur place. Ce qui fait que le fret aérien qui est censé être le fret rapide et que j’espérais réceptionner au bout de trois semaines arrivera au mieux 8 semaines après notre départ. Et le fret maritime, qui lui sera du coup vraiment lent, arrivera en Chine trois mois après notre arrivée. Pour les deux il faut ensuite compter sur les délais des douanes chinoises (durée : indéterminée d’après moi, le temps qu’ils vérifient qu’on n’a rien essayé d’importer d’illégal).
  2. De la proposition 1, je déduis logiquement qu’il faut que les bagages qui nous accompagneront en soute nous permettent de faire face raisonnablement à nos besoins et à ceux des enfants pendant au moins deux mois, idéalement sans avoir à parcourir la ville à la recherche du truc introuvable et imprononçable que j’aurai oublié.
  3. Pour corser la proposition 2, nous n’avons droit qu’à 23 kg de bagage par personne. Sachant que nous allons devoir emporter une poussette et assez probablement un lit parapluie (qu’on nous louerait à prix d’or dans l’appartement temporaire qui doit nous héberger) nous obtenons : 13 kg de poussette, 12 kg de lit parapluie, je pose deux je retiens un et reste 67 kg de poids autorisé soit 16,75 kg par personnes pour emmener habits, chaussures (plusieurs paires), jouets préférés, quelques livres, et trousses de toilette conséquentes. Vu ce qu’on a emmené rien que pour les vacances (voir ici pour ceux qui ont raté un épisode), ça sent l’excédent de bagage à plein nez. Question : à combien de valises excédentaires avons nous droit avant de faire criser le préposé à l’enregistrement ?
  4. Pour continuer à jouer, l’administration chinoise limite ou exclut un certain nombre de denrées entrant sur son territoire. La nourriture notamment est hautement déconseillée (moi qui pensais faire un stock de chocolat pâtissier corsé…), mais aussi les livres, les CD, les DVD et tous les biens culturels en général. Ils sont limités en nombre (50 livres et 20 CD maximums en fret aérien, 300 livres maxi en fret maritime) mais doivent aussi montrer patte blanche avec liste en bonne et due forme de tous les titres et auteurs, classés par catégorie (on vous avait prévenus : organisation, organisation, or-ga-ni-sa-tion !). Evidemment, impossible de savoir à l’avance ce qui sera éventuellement censuré, sachant que n’entrent sur le territoire que les livres autorisés et/ou que les fonctionnaires d’Etat ont (théoriquement) entièrement lus. D’où retour au point 1 : durée en douane indéterminée et probablement longue (à moins que je ne mette mon petit livre rouge sur le dessus ?).
  5. Un certain nombre d’autres choses un tout petit moins utiles ne peuvent pas entrer en Chine, comme un récepteur satellite, un émetteur radio, un avion radio-commandé ou encore un GPS (ça je compte bien en avoir un dans mon téléphone). Tant pis, pour ma panoplie d’espionne je l’emmènerai une prochaine fois, elle ne serait pas appréciée à sa juste valeur…
  6. Evidemment, rien de tout cela ne serait valide sans une interminable liste de papiers administratifs à fournir. Je vous fais grâce de 16 documents que le déménageur nous a fait parvenir (à lire, apprendre par coeur et/ou remplir et fournir), je n’ai pas encore eu le courage de m’y atteler.

Conclusion, je vais continuer à profiter des vacances pour accumuler toute la sérénité nécessaire à empaqueter méthodiquement tout notre barda et à me préparer à me priver de mes livres pendant quelques mois. A moins que je ne les fourre dans mon sac à main en feignant la légèreté (je ne compte pas sur mes ridicules 16,75 kg de soute). Sinon tant pis, on fera chauffer la carte bleue pour s’acheter des excédents de bagages.

Aller, J-18 avant la livraison des cartons, jusqu’ici tout va bien…

 

Source photo : site En Vedette de nos amis canadiens

déménagement_Chine

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