Shanghai d’aujourd’hui, Shanghai de demain au musée de l’urbanisme

Trônant sur People’s square, vous n’avez pas pu rater l’imposante et immaculée voilure du bâtiment du Musée de l’urbanisme de Shanghai. De son vrai nom « centre d’exposition de la planification urbaine de Shanghai », mais je l’ai rebaptisé faute de pouvoir m’en souvenir correctement. Peut-être l’avez vous pris pour la mairie et n’avez vous pas poussé la curiosité jusqu’à y entrer ? Nul ne pourrait vraiment vous en vouloir car en vérité ce bâtiment aurait fait une très belle mairie, mais sa visite s’avère bien plus intéressante que celle d’un service d’état civil, fut-il chinois.

Elle commence en douceur au premier étage consacré à l’histoire de la ville et parcourt les temps immémoriaux où seuls quelques pêcheurs y taquinaient le poisson en passant par l’érection des toutes premières constructions, la création du Bund et des concessions internationales, la maquette animée de Yu Garden, les plans d’urbanismes des différents quartiers de Shanghai et un certain nombre de photos historiques.

Après cette petite introduction, direction le niveau 4 et la pièce maîtresse du musée : l’incroyable-immense-ahurissante-précise-et-éclairée maquette de Shanghai. Imprévoyante, je n’avais pas emmené avec moi mon mètre ruban pour vous fournir des données exactes mais je me hasarde à évaluer à l’aune de mon nez qu’elle mesure environ huit mètres sur quinze ou vingt. Elle présente une vue minutieuse de la partie centrale de Shanghai et chaque bâtiment, chaque avenue, chaque espace vert est représenté fidèlement jusqu’au moindre détail. Au point qu’il nous a été facile et ludique de reconnaître nos lieux connus, comme notre résidence, nos lieux de travail ou de visites du dimanche. Les enfants étaient enchantés et couraient autour, même si Beauté Brune était un peu déçu de ne pas y voir son école. Et comme avec nos loulous l’aventure est toujours au coin du chemin, Beauté Blonde a fait une tentative d’excursion sur la maquette à la faveur d’un espace un peu trop grand entre deux barrières … Rattrapage in extremis, pestage contre les concepteurs négligents de barrière et soufflage de soulagement. La vie avec nos remuantes Beautés ne tolère décidément aucun moment de relâchement.

A ce stade nous avions donc vu la Shanghai du passé, la Shanghai actuelle, il nous restait à découvrir la Shanghai du futur. Car oui, ce musée présente également une vision de Shanghai pour les années à venir et ce n’est pas là le moins intéressant. Ni le moins surprenant lorsqu’on constate que dans le projet urbanistique de Shanghai (en tout cas dans sa présentation) continuer à être une ville moderne et technologique fait jeu égal avec devenir une ville écologique et verte. Oui, vous avez bien lu : écologique et verte. Shanghai. En Chine. Les esprits dubitatifs se demanderont comment cela serait possible au regard de la pollution atmosphérique actuelle et du développement frénétique de la ville et des industries périphériques. Les optimistes se diraient après tout pourquoi pas, autant se fixer des objectifs, quitte à les rater. Les observateurs reconnaîtront que Shanghai est aujourd’hui notoirement moins polluée que Pékin quoique plus grande et plus peuplée, et qu’elle interdit depuis quinze ans maintenant la circulation aux deux roues à essence (d’où cet intense mais silencieux flot de scooters électriques). Shanghai verte et écologique ? Et si on avait envie d’y croire ? Et si Shanghai devenait là aussi la figure de proue de la Chine ? Et si leur projet d’immeuble végétalisé en forme de papillon finissait par voir vraiment le jour ? En cette période de fêtes je me prends à rêver un peu d’une Shanghai plus écolo…

Pour finir notre visite, nous avons également visité l’exposition du moment – « Just a kiss » – présentant exclusivement des photos de baisers. Et là l’éblouissante réalité urbanistique nous a frappé : Paris est bien la ville la plus romantique du monde (en tout cas dans l’esprit des asiatiques en général et des chinois en particulier). La grande majorité des photos présentées étaient donc prises à Paris, quelques rares autres dans d’autres pays du monde histoire de souscrire au pluralisme. Même Johnny et Sylvie étaient au rendez-vous dans la partie réservée aux baisers de stars. Sylvie et Johnny in Shanghai, mon coeur défaille et mon cerveau entonne malgré moi Rock’n roll attitude, na nin nin nin nin nin

Il me reste à vous souhaiter à tous un joyeux jour de non-Noël puisque j’ai raté le jour J. Que vos qualités et votre bonheur puissent durer mille ans.

 

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