1933 : les anciens abattoirs de Shanghai

Une fois n’est pas coutume, Shanghai est au diapason de la France, voire de l’Europe sur le plan météo. Ce qui contrarie depuis des semaines notre traditionnelle excursion-découverte du week-end et nous contraint à pester d’avoir à choisir entre ronchonner mouillés sous la pluie ou ronchonner au sec avec les enfants qui nous rendent fous à force d’être enfermés. Ce week-end nous avons trouvé une alternative bienvenue (autre que les musées que nous avons déjà écumés en long et en large) : faire un petit tour aux anciens abattoirs de Shanghai. Oui, je vous entends déjà : emmener ses enfants se divertir dans des abattoirs, il faut d’urgence que j’enraye ma dépression météo et que j’envisage quelque chose d’un peu plus funky. Mais rassurez-vous braves gens, je n’ai pas traumatisé mes enfants en leur expliquant toutes les phases d’abattage et d’équarrissage de pauvres animaux qui ne leur ont rien fait, pour tout dire j’ai juste mentionné qu’on allait visiter un bâtiment intéressant sans évoquer son ancienne destination. Et je peux vous dire qu’ils se sont éclatés : parce que non content d’être un lieu original et fascinant sur le plan architectural, ce bâtiment et son dédale de coursives est surtout un labyrinthe géant dans les yeux d’un enfant. Et ils s’en sont donné à coeur joie, courant dans tous les sens bien au sec. C’était donc l’idée parfaite pour un week-end pluvieux.

Pour les adultes, on peut à loisir déambuler dans ce lieu original conçu par un architecte anglais, imaginer les bêtes guidées naturellement par les coursives vers le lieu d’abattage, observer les dédales d’escaliers étroits et raides (où un homme pouvait se mettre à l’abri du danger sans craindre d’être suivi par une vache) ou oublier totalement la finalité première de la construction et apprécier simplement l’esthétique de ce grand ensemble art nouveau. Aujourd’hui réhabilité, le lieu accueille un curieux mélange de boutiques, cafés et restaurants, de galeries d’exposition et de bureaux (d’architecture ?). Le site est un peu fréquenté le week-end, notamment par des amateurs de photos (selfies, photos amateur ou photos de mode) mais absolument pas surpeuplé, ce qui permet de s’y promener dans une certaine tranquillité. A l’extérieur du bâtiment lui-même, d’autres constructions témoignent du passé industriel de cette partie de Shanghai.

Pour en savoir plus sur l’histoire du lieu, n’hésitez pas à lire cet article du Petit Journal de Shanghai, je ne saurai faire mieux. Alors, maintenant que vous avez vu les photos, vous pouvez bien l’avouer : elle n’était pas si absurde mon idée de ballade aux abattoirs.

 

Adresse : 1933, 10 Shajing Lu (proche de Haining Lu)(métro Hailun Road, L4 ou L10).

GrandBondMilieu_abattoirs_shanghai_1933

4 Comments

  1. Ben oui, c’est dans le même ordre d’idée que les catacombes ou les égouts de Paris (que je n’ai malheureusement jamais parcourus). Autant je trouve l’intérieur « vachement » fonctionnel et bien pensé, autant je n’aime pas la façade art déco qui ressemble aux horreurs architecturales des pays de l’Est. Belle découverte dans son ensemble.

    • Tout à fait, en moins glauque parce que c’est à l’air libre 😉 Les catacombes c’est fait, on y a déjà emmené Beauté Brune, pour les égouts en revanche on n’a jamais tenté la visite qui est parait-il fort intéressante… On verra si on arrive à étendre notre bagage de visites insolites dans les mois qui viennent. Bises !

  2. Bravo pour la photo introductive. Elle a quelque chose d’antique et taurin dit le poète en toc et presque minautoresque. Les rampes biscornues (je vous invite à prononcer bi-cornues) m’ont bien plus.

    • Vos commentaires me réjouissent toujours, les finesses de langage qu’ils contiennent me vont droit aux oreilles 🙂

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