Pékin #5 : Hutongs et marché aux puces

Suite et fin de notre petit panorama pékinois avec un dernier billet pour aborder un visage un peu moins touristique et plus traditionnel de Pékin avec une promenade dans les hutongs et la découverte du plus grand marché aux puces de Chine.

Hutongs pékinois

Les hutongs constituaient il y a quelques dizaines d’années l’habitat traditionnel, pour ne pas dire quasi unique de la population de Pékin. Constitués de maisons rustiques à cour carrée, auxquelles ont accède depuis une porte traditionnelle en bois donnant sur des ruelles quadrillant un quartier, ces quartiers traditionnels ont été (et continuent à être) progressivement détruits dans Pékin pour laisser la place à de grands immeubles permettant d’abriter la démographie galopante de la ville. Il reste toutefois dans le centre quelques quartiers préservés de hutongs, où l’on peut encore – à condition de sortir des allées truffées de commerces – sentir ce qu’est ce mode de vie traditionnel. Les maisons basses en brique grise, petites, calmes offrent encore aux habitants un mode de vie plus communautaire, ne serait-ce que par la mise en commun des espaces sanitaires auxquels les habitants se rendent à pied avec dans un petit sceau tout leur nécessaire de toilette.

Nos pas nous ont porté dans le quartier de hutong partant du métro Nanluoguxiang, en passant par le lac Qianhai – entièrement gelé et transformé en aire de jeux d’hivers pour citadins – pour aboutir aux tours du Tambour et de la Cloche qui rythmaient traditionnellement la journée des habitants. D’abord un peu déroutés par le côté très mercantile de certaines allées (où se concentre l’essentiel pour ne pas dire la totalité des chinois en promenade), nous avons été progressivement séduits par ce quartier où la vie s’écoule calmement dans les habitations, plus activement autour des restaurants ou des aires de loisir. Difficile d’imaginer qu’il n’y a pas si longtemps tout Pékin ressemblait à ça, mais cette promenade sous le ciel bleu a parfaitement rajouté au pouvoir de séduction de la ville.

 

Marché aux puces de Pékin

Autre lieu qui vaut grandement une petite visite : le marché aux puces de Pékin, qui est semble-t-il le plus grand marché aux antiquités – fausses et vraies – de Chine. Nous pouvons témoigner qu’il est effectivement immense, peu fréquenté par les touristes et qu’il offre une diversité de marchandises (et une variété de prix) impressionnante. Visité durant la semaine du nouvel an chinois, tous les exposants n’étaient pas revenus de congés, mais même aux deux tiers vides les étals nous ont offert une intéressante et divertissante matinée de chine (sans majuscule).

Un peu comme aux puces de Saint-Ouen, le marché présente plusieurs types de commerces. D’abord des boutiques en dur (et chauffées !) à droite en entrant dans le marché et tout autour de la halle couverte. Celles-ci vendent principalement des meubles, des bijoux, des sculptures et autres articles décoratifs, mais aussi des pinceaux et du matériel de calligraphie, des masques anciens, des objets rituels bouddhiques, et selon toute probabilité de vraies antiquités. Mais la plus grande partie du marché est occupée par une halle couverte ou s’installent les commerçants au petit emplacement qui leur est réservé. On trouve là tout un bric-à-brac d’objets, souvent répartis par thèmes dans les allées : des tissus brodés (anciens ou récents), des marionnettes de théâtre d’ombre, des perles de pierres diverses et variées (en incroyable quantités), du matériel de calligraphie, des sculptures sur bois, des céramiques, et j’en oublie. Enfin, tout au fond s’installent à même le sol dans une ambiance assez vide-grenier tout un tas de bazar où on trouve en vrac des objets décoratifs ou utilitaires, des vestiges de l’époque maoïste, de vieilles pièces de monnaie, des mandarins en céramique, vraiment de tout. Ceux que les pièces monumentales intéressent pourront même choisir parmi l’incroyable accumulation de sculptures en pierre de quoi décorer un grand jardin : qui une statue de Confucius, qui une colonne fleurie de 12m de haut, qui une table en pierre. Sur ce marché aux puces on trouve vraiment de tout…

Comme partout en Chine, les prix s’y négocient, parfois âprement, mais c’est en tout cas un endroit d’où l’on peut rapporter autre chose qu’un objet bas de gamme de boutique de souvenir. Côté parents, nous avons craqué sur une marionnette de théâtre d’ombre et une petite sculpture de dragon, et Beauté Brune est reparti avec un ensemble de calligraphie avec lequel il s’entraîne depuis à tracer des caractères… Tout le monde était ravi, et heureux de retourner se mettre au chaud après cette seule et unique matinée à battre le pavé dans le véritable froid glacial de l’hiver pékinois. Il était temps de regagner Shanghai…

Marché aux puces (Panjiayuan Antique Market) : 18 Panjiayuan road (métro Panjiayuan, L10). Ouverture : 8h30-18h du lundi au vendredi, 4h30-18h30 les samedis et dimanches. 

 

GrandBondMilieu_Hutong_Pekin

 

12 Comments

  1. Mais c’est vraiment pimpant ce mélange de neige et de couleurs vives. Et qui sont les derniers habitants privilégiés de ce quartier appelé peut-être à être préservé ? (sera-t’il investi par des artistes comme à Montmartre et garderont-ils assez de la simplicité de leurs ancêtres pour se promener vers les espaces de toilettes communs avec leurs petits nécessaires ?).
    Pour ce qui est des photos de l’exposition Botero, j’ai été stupéfaite de la revisitation du tableau de l’infante de Velasquez. Mais l’infante aussi : elle a l’œil rond de qui a franchi imprudemment les siècles et ne revient pas de son avatar 20ème siècle

    • Pour autant qu’on ait pu s’en rendre compte, ces quartiers semblent encore habités par M. et Mme tout le monde et épargnés par la boboïsation de certains quartiers d’artistes à Paris… Et ils devraient également être préservés de la destruction car ils sont proches de la cité interdite : je vois mal la municipalité décider de tout raser pour faire construire d’immondes tours en bord de lac…
      Quant à votre remarque sur la ménine de Velázquez revisitée, son oeil étonné est celui de tous les autres sujets de Botero : visiblement aucun d’entre eux n’en est encore revenu 😉

  2. Merci pour le tuyau du marché aux puces, j’adore ce genre d’endroit !
    Les photos sont superbes comme d’hab 😉

    • Merci Elsie ! Nous aussi on adore ce genre d’endroit et c’est vrai qu’il n’y a rien d’équivalent à Shanghai, ç’aurait été vraiment dommage de le manquer !

  3. Bon j’aime le rouge, non j’adore le rouge ! Je crois que ces petits quartiers sont faits pour moi. C’est vraiment chouette et les photos !! By the way (non, je ne sais pas encore bien le dire en allemand), j’aime beaucoup les grosses lanternes rouges… un truc qui passerait bien sur mon balcon ! Bonne journée ? Bonne nuit ? Bon tout pour vous !

    • Et bien il faut venir en Chine pour le nouvel an chinois parce que c’est à cette occasion là (et seulement à celle-là) que les villes se parent de lampions rouges comme ça… Mais il doit y avoir moyen de t’en procurer dans le magasin chinois le plus proche de chez toi, je suis sûre que ça existe même en Allemagne 😉

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