Pékin au nouvel an chinois : vraie ou fausse bonne idée ?

Vous pensiez en avoir fini avec Pékin ? Et bien non ! Avec un voyage comme ça, pour moi quand yen a plus, yen a encore… En tout cas encore de quoi vous concocter un dernier billet sur le thème : est-ce vraiment une bonne idée de visiter Pékin au nouvel an chinois ? A cette question nous avions répondu non l’année dernière, emportés par nos a priori de foule affreuse et d’airpocalypse hivernal, mais après l’avoir tenté en conditions réelles cette année, je serai tentée de répondre oui, oui et re-oui. Mais voyons donc cela en détails et en nuances…

Animations

Quitte à visiter la Chine au moment du nouvel an, autant profiter de l’ambiance de fête qu’elle a à offrir à cette occasion. Pékin est-elle la mieux placée pour ça ?

1. Défilés, danse du lion et autres feux d’artifices. A dire vrai, nous avions surtout prévu dans notre planning la visite de certains sites historiques, même si nous espérions secrètement croiser au hasard des rues quelques danses du dragon ou du lion. C’est finalement le dernier jour que nous sommes tombés par hasard sur ces danses traditionnelles au coeur du marché aux puces, ce qui nous a comblés malgré le froid qui sévissait ce jour-là. Nous n’avons finalement pas eu le temps d’aller jusqu’au parc Badachu qui présentait de nombreuses manifestations culturelles traditionnelles. Côté feu d’artifices, si aucun grand feu d’artifice officiel n’avait été organisé, les habitants ont pris le relais avec des heures (littéralement) de pétards et de fusées tirées jusque tard dans la nuit le jour même du nouvel an. Nous n’étions pourtant pas tirés d’affaire puisque chaque soir de la semaine du nouvel an donne lieu à de nouvelles célébrations et que nous avons eu de l’animation tous les soirs (ne pas oublier vos boules quiès si nécessaire).

2. Restaurants. Ce n’est pas un mythe, beaucoup de magasins et surtout de restaurants sont fermés durant la semaine du nouvel an, y compris dans certains secteurs touristiques comme celui des hutongs. Mieux vaut donc prévoir un en-cas à grignoter le temps de trouver de quoi vous sustenter, nous avons parfois dû marcher longtemps, voire nous rabattre sur des fast-foods faute d’autre chose (et d’avoir un peu anticipé la difficulté). Nous avons toutefois toujours fini par trouver, il y a simplement moins de choix que d’habitude.

3. Au global : C’est sans doute le registre où nous avions le moins anticipé et préparé notre voyage, nous aurions sans doute pu mieux profiter des manifestations du nouvel an en préparant un peu mieux notre itinéraire, mais cette improvisation nous a tout de même laissé voir notre première danse du lion depuis notre arrivée ici…

 

Affluence

C’était initialement ce qui nous a fait reculé l’an dernier lorsque nous réfléchissions à l’idée de visiter Pékin. Pour nous nouvel an chinois était égal à foule tsunamiesque (excusez le barbarisme), et de cela nous ne voulions à aucun prix. Sur ce point, notre expérience s’est révélée beaucoup plus positive et agréable qu’initialement appréhendée, mais il convient toutefois de nuancer notre propos :

1. La veille et le jour-même du nouvel an sont en Chine une fête de famille : chacun se réunit donc pour préparer et consommer ensemble un grand repas de réveillon, et bien sûr allumer des pétards lorsque c’est autorisé. D’un point de vue touristique, cela se traduit par une ville incroyablement tranquille et comme vidée de ses habitants (imaginez Paris un soir de réveillon de Noël, ça vous donnera une idée), et donc idéale pour réaliser certaines visites. Nous avions décidé de voir la Cité Interdite et la Grande Muraille ces deux jours là et nous n’avons eu qu’à nous féliciter de notre choix (attention tout de même : certains sites, comme la Cité Interdite, ferment plus tôt la veille, tout comme un 24 décembre ou 31 janvier chez nous).

2. Les jours qui suivent le nouvel an, toute la Chine – ou presque – est en vacances. Beaucoup d’habitants de Pékin sont donc dans leur famille dans les provinces, MAIS beaucoup de chinois en profitent également pour venir faire du tourisme à Pékin. Les groupes de touristes envahissent donc de nombreux sites emblématiques, il vaut donc mieux viser d’arriver tôt sur les sites (à partir de 11h-11h30, la foule vous attend). Visiter la Cité Interdite, le Palais d’Eté ou la Grande Muraille sur les derniers jours de cette semaine risque d’être plus difficile, voire impossible (la Cité Interdite vend un certain nombre de tickets par jour, vous pourriez donc trouver un panneau « sold out » si vous arrivez après la razzia des groupes…).

3. Au global : ayant organisé notre planning de visites de manière optimum (Cité Interdite, Grande Muraille et Palais d’Eté sur les trois premiers jours) nous avons trouvé cette semaine très agréable du point de vue de l’affluence et avons vraiment apprécié de voir Pékin presque vide, même si nous avons dû renoncer à visiter le Musée National face à une queue démesurée. Emprunter le métro ou un taxi peuvent se révéler une expérience unique où vous vous croiriez presque seuls à Pékin, c’est sans doute le seul moment de l’année où ce sera possible :

 

Météo

Pékin, c’est Beijing en mandarin, c’est à dire la capitale du Nord. Et au nord de la Chine, le climat est rigoureux en hiver, continental ascendant sibérien. Notre inquiétude principale concernait donc le froid (le nouvel an a beau s’appeler Festival du Printemps, il survient en janvier ou février), d’autant que nous savions que nous passerions une bonne partie de nos journées dehors.

1. Bien s’équiper. Un seul mot d’ordre : prévoir de quoi se couvrir, en moult couches thermiques pour pouvoir faire face aux températures fréquemment négatives à cette période de l’année. Sous-vêtements et caleçons thermiques, couches de polaires (au pluriel), grosses doudounes, bottes fourrées, bonnets de ski, gants et moufles à mettre par dessus, grosses écharpes, thermos et nous étions parés à faire face à l’inclémence du climat (et à nous alléger si nécessaire).

2. Compter (un peu) sur la chance. Malgré un hiver très rigoureux cette année, le plus froid en Chine depuis 35 ans, nous avons eu de la chance : lors de notre passage à Pékin les températures diurnes ont tourné entre 5 et 11°C. De quoi passer un moment agréable à l’extérieur sans risquer d’y laisser un orteil gelé.

3. Au global : Nous sommes conscients d’avoir eu de la chance sur les températures (à -10°C le jour, toutes nos visites auraient été nettement plus difficiles), mais nous avons bénéficié du grand avantage du climat continental, c’est à dire un ciel souvent parfaitement bleu et très peu de pluie. Nettement plus agréable que la chaleur étouffante de l’été pékinois…

Pollution

Avec la météo, c’était évidemment notre principale angoisse, voire bête noire, à l’idée d’aller à Pékin en hiver. L’intensité de la pollution en Chine est maintenant mondialement connue, et les photos d’airpocalypse largement relayées par les médias. Pékin fait partie, notamment en hiver, des villes les plus atteintes par le phénomène, et évidemment l’idée de visiter la Cité Interdite dans une brume polluée nous horrifiait.

1. La trêve des confiseurs. La bonne nouvelle c’est qu’au nouvel an, toute la Chine est en congés. Ca n’a l’air de rien, mais ça veut notamment dire que toutes les usines – et elles sont nombreuses aux alentours de Pékin – sont à l’arrêt cette semaine là, et que les centrales électriques, elles aussi grosses pollueuses, tournent au ralenti. Résultat : l’indice de pollution a tourné cette semaine là entre 30 et 70 (la « norme » habituelle à Shanghai en hiver étant aux alentours de 150, et plus élevée encore à Pékin, sans parler des pics aipocalyptique à 800).

2. Le pic artificier. Interdits dans certaines villes, dont Shanghai, les pétards et feux d’artifices ne l’étaient pas à Pékin lors de notre passage. Cela n’a l’air de rien, mais une ville de plusieurs millions d’habitants qui tirent pendant des heures (de très longues heures) et en continu pétards et feu d’artifices suffit à créer un pic de pollution aux particules fines. Heureusement fort bref, il fut toutefois notable (avec un indice de pollution supérieur à 600 durant quelques heures). Notre fuite hors de la ville le jour-même du nouvel an était donc là-encore le bon calcul, car sur la Grande Muraille, nulle pollution à l’horizon…

3. Au global : de manière totalement inespérée, l’air était très peu pollué à cette période, nous offrant des ciels bleus de toute beauté et préservant nos poumons lors de nos longues promenades en extérieur. Cette semaine du nouvel an doit être la seule parenthèse « fiable » de pollution dans le calendrier pékinois (à moins de viser de nouveaux jeux olympiques…).

Avec tous ces éléments, j’espère que vous aurez moins peur de vous lancer dans une visite de Pékin au nouvel an chinois et que vous profiterez peut-être, comme nous, de cette expérience exceptionnelle.

 

GrandBondMilieu_nouvel_an_chinois

10 Comments

    • Même pas peur ! Ils ont adoré…
      T’as apprécié les avenues de Pékin avec personne dessus ? Je suis sûre que tu ne les as jamais vues comme ça 😉

  1. … et bien si justement !!! 🙂
    En 1979 et en 1980, c’était le désert total et aucun gratte-ciel, hôtel ou autre : que des hutongs eh ouais.
    Pas plus de 10 voitures roulant sur l’avenue Chang An (qui passe devant la Cité Interdite), que des voitures officielles ou quelques taxis pour nous autres.
    Et une foule en bleu de chauffe et casquettes, tous sexes confondus, dans les quartiers populaires …
    J’ai des photos !
    Un autre monde …

    • Pffffff, je voulais dire au XXIème siècle 😉 C’est sûr que dans les années 80 ça devait être autre chose (envoie les photos !). Bises

  2. Ah ben pour envoyer les photos, il faut :
    1° que je les retrouve (album)
    2° que j’aie un scanner
    3° que je sache m’en servir
    4° que je sache envoyer …
    Waouh rien que ça j’ai les bras qui tombent.
    Je suggère d’ouvrir mon album quand on se verra mdr
    Biz biz !

  3. Je vote une caméra d’or pour les grandbond productions. j’ai énormément aimé la promenade dans Pékin et dans la foulée (car j’ai plusieurs éditos du GB Blog en retard) j’ai vu l’arrivée sur Angkor – éblouie fus-je, Angkor la nuit, Angkor le jour. On en redemande Angkor).

    Qui peut ne pas avoir envie de prendre tout de suite l’avion après avoir lu vos billets ! Mille gracie, signora

  4. Sont forts quand même ces messieurs !!! Lorsque ma moitié, après mes multiples demandes, de faire un tour en Chine, je choisirai le nouvel an : les petites lanternes rouges :), les danses, l’ambiance festive… bon le lion fait peur quand même mais si c’est pour la bonne cause, je m’y ferai ! Merci en tout cas pour cette série sur Pékin. Je rêve d’y aller… j’ai les infos… manque plus qu ‘à convaincre la moitié !! Belle soirée 😉 bisous

    • Ben tu colles ta moitié devant mon blog jusqu’à ce qu’overdose s’ensuive et ensuite normalement il t’emmène à Pékin 😉

  5. Ça me tente la visite de Pekin pour ces grandes festivités mais les températures que tu annonces m’ont complétement refroidie! (je crois que je me suis trop bien habituée à la douceur du Kenya)
    Il faut dire que les pétards aussi, je déteste depuis ma plus tendre enfance! Quoique l’ambiance festive que tu décris me tente, me tente, me tente! 😉

    • Ah ben si c’est qu’une question de températures tu peux tenter l’été et ses 40°. Evidemment, il y a l’affluence folle et le ciel gris-plombé mais on ne peut pas tout avoir 😉

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