J-43 du premier retour en France

Comme le temps passe ! Nous voici déjà fin mai, les enfants terminent l’école dans respectivement trois et quatre semaines, les grandes vacances sont donc officiellement déjà bientôt presque là, et avec elles se rapproche à vitesse grand V notre premier retour en France. J-43 : dans même pas un mois et demi je poserai aux aurores mon pied auguste commandé par un cerveau pas frais sur la passerelle de Roissy. Ce seront mes premiers pas en France depuis 322 jours : 322 jours à 9 257 km de Paris, soit un certain nombre de coup de blues, un nombre incalculable de découvertes et d’étonnements, plusieurs voyages très chouettes en Chine et au-delà et une sérieuse envie de faire le plein de bonnes choses françaises et de gens qu’on aime pour attaquer l’année prochaine regonflés à bloc.

Je me réjouis, je me réjouis grandement de ces cinq semaines à passer en France. Mais comme bonne névrose ne saurait mentir, ma joie cohabite avec une petite (et parfois moins petite) pointe d’angoisse à l’idée que rien ne va se passer comme je l’espère dans le meilleur de mes mondes imaginaires, lesquels ne lésinent pas sur les attentes grandioses. Le soir dans mon lit, je suis donc assaillie par l’impression que ces cinq semaines seront bien trop courtes, qu’il y a beaucoup de gens que je ne vais pas réussir à voir, beaucoup d’autres que je ne verrai pas assez, que je vais essayer de courir à droite et à gauche comme un lapin de garenne en essayant de faire plaisir à tout le monde et qu’au final on nous reprochera (peut-être) de ne pas avoir été assez là, qu’on sera contents de se poser une semaine entière dans un gîte à la campagne (hiiiiiiiii, à la campagne !) et qu’en même temps on se dira qu’on n’a pas assez profité de ce temps pour voir du monde, que le temps va s’accélérer d’un coup pour m’amener directement au vol de retour sans toucher 20 000 kuais, bref je n’y suis pas encore que je suis déjà en plein dans le « quoi que tu fasses, tu n’auras pas fait comme il faut et tu seras un peu déçue ». Quand je pense à toutes ces séances allongée sur le divan, je frémis à l’idée de ce que ce serait si je ne l’avais pas fait. Bref, je psychote : c’est mon sport préféré dès qu’un changement – même positif – se profile. Notez bien que si je n’avais pas ces vacances à l’horizon, je psychoterais aussi : à ce jeu là au moins je gagne à tous les coups.

Alors, pour me préparer au pire voyons un peu à quoi risquent de ressembler ces cinq semaines :

Semaine 1 : atterrissage le samedi à Roissy horriblement tôt, avec des gremlins jet-laggés mais un MeilleurMari sous le bras pour gérer le premier week-end. Lundi matin, le MeilleurMari part travailler en Allemagne pour la semaine et m’abandonne avec les gremlins encore réglés sur l’heure de Shanghai, je m’assois par terre et je pleure. Lundi milieu de matinée je file chez un avocat pour étudier la possibilité de divorcer (c’est rien, c’est le jet-lag). Une fois les formalités faites, je devrais avoir un peu de temps pour caser deux trois trucs sympas comme voir ma mère, mon père, ma belle-mère, ma grand-mère, mes frères et soeurs s’ils sont dans les parages, mes meilleures amies pour la vie, mes ex-collègues si j’y arrive, mon analyste histoire de vérifier qu’elle existe toujours même quand je suis au bout du monde et une future shanghaienne à peu près aussi frappadingue que moi. Vendredi soir retour du MeilleurMari, enchaînement sur un week-end où on verra sa mère, sa grand-mère et des amis à lui s’ils sont là. Dimanche soir avec un peu de chance les enfants seront un peu moins jet-laggés, retour de l’espoir d’une nuit pas totalement effroyable.

Semaine 2 : lundi et mardi matin, soit on voit les gens du programme de la semaine 1 qu’on n’a pas réussi à voir, soit on file à Disneyland avec BBrune, soit on se donne quartier libre (mais ça m’étonnerait un peu). Mardi après-midi, décollage pour Toulouse, on récupère une voiture et on file jusqu’à la fin de la semaine dans le Lot où on devrait pouvoir voir mon père, ma mère si elle est dans les parages et des amis de ma mère installés dans la région. Ne pas oublier de commencer à décompresser et profiter du fait qu’on est à la campagne pour redescendre en pression. Ne pas oublier : ce sont des vacances.

Semaine 3 : samedi matin, en route pour un gîte paumé entre Toulouse et Carcassonne pour une semaine (théorique) de glandouille. On a une chambre en plus, qui nous aime nous rejoint. Dans la semaine on pourra essayer de faire un saut à Toulouse voir de vieux amis à moi et d’ex-shanghaiens qui viendront de se réinstaller dans la ville rose,et aussi des amis du MeilleurMari qui habitent à Albi. Continuer à décompresser au bord de la piscine : c’est pas à Shanghai qu’on pourra faire le plein de nature.

Semaine 4 : retour à Paris tous ensemble, voir ou revoir ceux qu’on aime, en n’oubliant pas l’ancienne nounou des enfants et son fils, ni la petite copine de garde des enfants, ni qui veut bien de nous et sera encore à Paris pour cette première semaine d’août. Vendredi soir : le MeilleurMari repart pour Shanghai et me laisse seule avec nos hordes barbares. Si j’angoisse trop, samedi je repasse un coup de fil à l’avocat.

Semaine 5 : pour l’instant pas encore de plan précis pour cette semaine. Profiter de Paris sans les parisiens, faire quelques ballades, partir peut-être quelques jours au vert quelque part, voir ou re-voir ou re-re-voir ceux qui seront là (probablement pas grand-monde). Vendredi soir, décollage pour Shanghai seule avec mes marmailles mais avec ma cape rouge de wonderwoman et un stock de Rescue dans mon sac. Samedi après-midi arrivée à Shanghai et retrouvailles éplorées avec MonMeilleurMari qui m’aura trop manqué et début de notre an II en Chine.

Bon, sur le papier le programme a l’air presque gérable, malgré quelques zones de flou et de trop-plein. Je pourrais même réussir à croire qu’il y aura quelques plages pour ne rien faire. Alors avant que je ne me roule par terre d’avoir raté des gens, je propose aux amis qui ne l’ont pas encore fait de nous donner au moins approximativement leurs dates de vacances pour qu’on sache à quel moment on a une chance de leur claquer un bisou et que je mouline ça dans un super agenda spécial « cinq semaines de vacances parfaites en France ». Et après il ne restera plus qu’à caser les soldes et tous les petits achats à faire dans les trous, trop facile !

Je me demande déjà confusément si l’année prochaine je ne vais pas rallonger le planning d’une ou deux semaines. Je vous redirai ça à la fin de l’été…

 

Crédit photo : Metro, pour son article sur le nouvel an chinois à Paris.

GrandBondMilieu_retour_france

10 Comments

  1. Primo, Es-tu sure que – dans ce sens (Est-Ouest) – les enfants seront fatigués aussi longtemps ? Il me semble que c’est plutôt dans l’autre sens que le décalage horaire tape fort (Ouest-Est). Pour moi, c’est de retour sur Shangai que la récupération devrait être difficile. A voir mais, dans ce cas, ce serait plus agréable pour vous dès la 1ère semaine de vacances.
    Deusio, je crois que tu t’es fait un programme d’enfer et que tu seras extrêmement contente de retrouver ta vie après ça, même à plus de 9000km d’ici.
    Nous serons bien évidemment extrêmement ravis de vous voir et, si le jardin est en production comme je l’espère, de vous faire goûter de très bonnes tomates (par exemple) cueillies et mangées (presque) en même temps !
    Nous serons chez nous puisque retraités-ayant-la-possibilité-de-partir-en-dehors-des-vacances-scolaires ! Il y aura probablement mon frère et sa femme puisqu’un jeune ami doit les co-voiturer de Montpellier jusque chez nous vers le 11 juillet… et nous les garderons une quinzaine de jours environ.
    En revanche, j’ai un concert le dimanche 19 Juillet, dans un village un peu éloigné d’ici ce qui va nous bloquer dès 14h et pour la fin de journée.
    Voili voilou… bisous.

    • Coucou ! A priori on sera dans votre coin à partir du 21 au soir, on viendra goûter les tomates avec grand plaisir 😉
      Bisous !

  2. J’attends votre retour avec impatience, en conséquence je n’ai pas planifié de partir pendant la période où vous serez en France, étant moi aussi ayant-le temps-de-partir-en-dehors-des-vacances-scolairse !!! . Je pourrai prendre pension à Lacappelle quand je connaîtrai tes dates de séjour dans le Lot (ce sera plein chez Nicole) pour avoir une chance de grapiller un peu de temps de bonheur !
    bisoussss

    • Entre la première semaine à Paris, une partie de la deuxième dans le Lot et une quatrième et une cinquième à Paris on devrait réussir à se trouver un peu plus qu’un petit moment pour se voir et que les enfants profitent à fond de leur mamie !

  3. Bonjour Tara,
    Je ne pouvais pas ne pas répondre tant ton post raisonne juste pour nous aussi. C’est votre première expatriation…..tu vas voir ! Nous, au bout de la 4ème, les retours au pays sont toujours synonymes d’intenses émotions en tout genre, de grosses bouffées d’adrénaline (et gastronomiques, faut pas se gêner, hein !) mais il y a aussi, et beaucoup même, de frustrations : de ne pas avoir assez de temps pour tout, de tout faire dans une course effrénée… on a tout tenté pour changé les choses, et en fait, c’est le ressenti de la grande majorité des expatriés. Avec des enfants petits, avec des grands ados, que les vacances durent 2 semaines ou 5 (on a fait ça aussi quand les filles étaient petites), on a JAMAIS le temps de tout faire et de voir tous ceux qu’on aime. Il y a même ceux, qui, avec le souvenirs de rentrer littéralement épuisés, choisissent l’option : on a un point de chute, on n’en bouge pas, ceux qui veulent viennent nous voir !!! A toi de trouver la meilleure option pour ta petite famille.
    Je compatis avec toi, mon mari a toujours des jours de boulot pendant les vacances, des déplacements à Londres ou ailleurs en Europe…je me souviens de voyage sans lui avec un bébé de moins d’1 an et les deux « grandes » de 8 et 9 ans…..à l’époque, on était à Macau sans transport direct avec Hong Kong, c’était une véritable transhumance : 18h pour faire d’abord la voiture pour aller au terminal ferry – 1h de ferry – le bus jusqu’à l’aéroport – les 14h d’avion – la voiture jusqu’à chez nous : Mon Dieu, comment j’y suis arrivée ????!!!!!????? On a déjà oublié un bagage dans le bus à HKG (celui avec les fromages et les saucissons, à un retour, sac qu’on nous a rapporté à la maison 72h après……imagine un peu les parfums qui s’en dégageaient……on en rigole encore !).
    Mais bon, avec tout ça, tu te fabriques des souvenirs pour très très très longtemps !
    Aujourd’hui, on est au Brésil avec une seule fille, et bin……….toujours le même constat et les mêmes frustrations ! Avec en plus, une ado à gérer……tu verras, tu regretteras sûrement un jour les petits mouvements d’humeur de tes deux beautés 🙂
    Bon courage pour le compte à rebours, ça va passer viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite ! beijos grandes do Brasil.

    • Ca me rassure (en partie), ça m’inquiète (en partie), et je sens que c’est vraiment pas gagné ces histoires de vacances…
      Alors si en plus au bout de n années d’expat’ c’est pas mieux, je vais me préparer tout de suite psychologiquement à ce que ce soit toujours comme ça. Va peut-être falloir que j’essaie de me trouver un analyste à Shanghai moi…

  4. Et je rigole encore de ton « RDV » chez l’avocat…….

    Bah, 20 ans après le 1er départ (c’était au siècle dernier……ha ha ha ) , je « supporte » encore mon MMM à moi !

  5. C’est vrai que c’est vraiment un travail en profondeur que de prendre sur soi et de savoir PRO-FI-TER des moments que la vie nous donne.
    Dis-toi bien que tes enfants, petits, ne ressentirons QUE le bonheur de sauter dans les bras de leurs grands-parents ( famille/amis) avec tout plein de choses à raconter…et ça, c’est 100% d’énergie pour le reste ! Abraço.
    PS : Heureusement que mon MMM à moi ne me lit pas…..il exploserait de rire en disant que c’est l’hôpital qui se fout de la charité :-):-)

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