Une envie d’ailleurs

Depuis un petit moment, MMM (Monsieur Mon Mari) et moi avions une furieuse envie d’ailleurs. La faute aux enfants évidemment.

Parisiens pur jus ou presque, nous y avons vécu de longues années, chacun de notre côté d’abord puis ensemble. Excepté quelques années à l’étranger lorsque nous étions enfants (destinations exotiques pour moi, moins exotiques pour lui) et en province pour nos études (Grenoble pour moi, Orléans pour lui) nous avons toujours vécu à Paris et nous avons furieusement aimé ça. Ville magnifique (surtout l’été lorsqu’il fait beau, que les parisiens s’en vont et que les étrangers arrivent), ville culturelle, ville de nos promenades à pied, appartement à la vue imprenable (la photo a été prise de nos fenêtres) nous ne nous voyions pas vivre ailleurs.

Et puis voilà, un jour on a eu un enfant, et d’un seul coup on s’est rendus compte de notre parfaite banalité : comme tant d’autres nous commencions à trouver que Paris était aussi un environnement pas très favorable aux jeunes familles. Les enfants ont besoin de se dépenser ? En route pour le square (et le square du bout de la rue tous les jours pendant trois ans, ça lasse). Il pleut ? Tant pis, nous voilà enfermés dans un appartement exigu avec un petit qui continue à se dépenser comme il peut (étonnant comme avant trois ans il est difficile de trouver une activité child-friendly à l’abri de la pluie). Et on passe sur les épiques problèmes de garde d’enfant, de transport, de course permanente pour jongler entre le boulot et les enfants (banal on vous dit), bref, Paris devenait d’un seul coup beaucoup moins sympa, et le pré que nous imaginions plus loin beaucoup plus vert.

Alors partir oui, mais où ? La banlieue ? Franchement, quitte à quitter notre appartement parisien, autant y gagner vraiment en qualité de vie nous disions nous. La province ? J’étais très partante, et finalement MMM aussi, à la condition que cela reste une grosse ville universitaire (car oui, nous sommes d’indécrottables rats des villes). Restait à trouver où, et beaucoup plus important à y trouver du travail. Dernière possibilité, qui nous paraissait plus lointaine : partir à l’étranger. Là aussi restait à trouver un poste et une destination qui conviendrait à toute la famille.

Nous avons longtemps pensé qu’il serait plus simple pour nous de partir pour Bordeaux (que nous avions choisi comme destination préférentielle en France), mais crise économique oblige c’est finalement une mutation interne dans l’entreprise de MMM qui s’est profilée la première. Destination pressentie : Shanghai, République Populaire de Chine.

Au premier abord on s’est dit : gloups, la Chine… Dans les destinations que nous avions fantasmées initialement il y avait certains pays d’europe, l’amérique du nord, l’asie du sud-est (Thaïlande, Indochine), ou le Japon, mais pas la Chine, son milliard trois d’habitants et sa culture communiste. Et puis finalement, le temps de s’habituer à l’idée on s’est dit : après tout pourquoi pas ? Pour trois ou quatre ans, ça peut vraiment être une expérience intéressante et même sympa, et une vraie chance pour nos enfants de découvrir comme nous (enfin surtout comme moi) ce que c’est que de vivre dans un pays radicalement différent de la France.

Un petit coup d’internet, de lectures de blogs et de forums et nous voilà partis dans des cogitations très pratiques : quelle école pour les enfants, dans quel quartier habiter, à quel prix, comment pourrais-je travailler là-bas ? Beaucoup de questions, quelques débuts de réponse (en tout cas sur le papier), et de plus en plus envie d’aller voir sur place si nos idées rejoignent la réalité.

Prochaine étape : un voyage de reconnaissance sur place prévu pour le mois de mars. Une fois là-bas, les choses prendront vraiment corps. Ce sera le prochain épisode de nos probables tribulations en Chine.

BNF

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