MoCA Shanghai : à la rencontre de l’art contemporain

Retour à Shanghai, retour à notre vie chinoise normale et donc – puisque c’était le week-end – retour du Comité d’Organisation Culturelle et d’Edification de la Famille. La présidente autoproclamée et seule membre de notre COCEF c’est moi, armée de mon fidèle guide touristique et d’une volonté jamais relâchée de nous trouver une activité de fin de semaine qui nous change de courir après les enfants autour du bac à sable. Et ce week-end le challenge était particulièrement difficile car 1) nous entamons notre deuxième année ici et que l’hyperactivité passée du Comité m’oblige à me donner de plus en plus de mal pour trouver une idée, et 2) il pleuvait comme il peut pleuvoir à Shanghai, c’est à dire de pluie battante et décourageante. D’autres auraient baissé les bras et laissé les enfants s’abrutir devant les dessins animés et le mari dépérir devant son ordinateur, mais pas moi ! A la première éclaircie, nous avons donc filé dans le quartier de Xintiandi pour visiter le musée des Shikumen, et devant l’absence de seconde éclaircie nous avons filé le lendemain au MoCA (Museum of Contemporary Art de son nom entier) de Shanghai.

Pour le musée des shikumens je vous raconterai ça une autre fois, partons donc ensemble au MoCA. Disons-le, après notre expérience mitigée au Rock Bund Museum, accepter cette nouvelle incursion dans le monde de l’art contemporain était un signe fort de la grande ouverture d’esprit de MonMeilleurMari, à moins que cela n’ait été la preuve de son absolu désespoir sous la pluie. Quoi qu’il en soit, bien nous a pris d’y aller puisque nous avons été intéressés et même touchés par bon nombre d’oeuvres de l’exposition Shanghai Ever montée pour fêter les 10 ans du MoCA. Les oeuvres présentées sont diverses en style comme en forme : tableaux, installations, vidéos, photographies, sculptures, exposées dans un vaste et bel espace moderne qui sait aussi ménager des espaces intimes pour les projections. Et je dois le dire, c’est bien la première fois qu’une installation vidéo me procure une véritable émotion, quelque chose qui ne me donne pas simplement envie de ricaner ou de crier à l’imposture intellectuelle (rassurez vous, il y a eu ça aussi). Mais n’ayant noté ni le nom ni l’oeuvre de l’artiste, vous ne pourrez même pas savoir qui m’a ainsi bouleversée, n’est pas grand reporter qui veut. Je vous recommande en revanche les photos rétro-éclairées de Yang Yong Liang, qui sont de savantes reconstructions photographiques numériques de peinture traditionnelle chinoise sur fond de villes hérissées de grues. Et miracle, nous avons fini la visite quasi réconciliés avec l’art contemporain. Sans doute n’est-ce pas aussi avant-gardiste et pointu qu’au Rock Bund (ou qu’à Pékin parait-il), mais disons que l’exposition d’aujourd’hui convenait parfaitement à notre niveau débutant en art contemporain.

Enfin, et c’est très appréciable avec des petits, le troisième étage est consacré à plusieurs ateliers pour les enfants qui peuvent manipuler librement tampons, peinture, tissus et motifs pour réaliser un dessin, ou tout simplement jouer car – bonheur rare – il y a là une aire de jeu réalisée par l’un des artistes dans laquelle ils peuvent jouer à s’envoyer des mini-polochons à la figure. Inutile de préciser que nos Beautés s’en sont données à coeur joie, et ça nous a évité d’entendre « ça c’était une visite que pour vous, on n’a rien fait pour nous ». Que demander de plus en un dimanche de rentrée pluvieux ?

Rien ne dit que j’arriverai à y traîner une seconde fois toute la famille, mais je n’exclus vraiment pas d’y revenir seule pour une nouvelle exposition. Alors, see you soon MoCA ?