Goûter au paradis, et chuter à nouveau sur Terre

Il y a quelques mois, avant même de savoir que nous partirions en Chine, nous nous sommes dit qu’il serait bon de céder (avec plaisir) à l’insistance de Beauté Brune qui voulait absolument reprendre l’avion et retourner à la plage où il était déjà allé, c’est à dire à Réunion. Rajoutons à cela une escapade de noces de quelques jours à l’île Maurice sans nos petits vampires d’amour offerte par notre famille et nos amis. Tout cela était bel et bon sur le papier, et c’était très bel et très bon in vivo. C’était même plus que ça car à Maurice, malgré une météo capricieuse, MMM et moi nous sommes littéralement crus au paradis.

Non seulement notre hôtel était magnifique, la nourriture gastronomique, le paysage et le lagon fabuleux mais surtout pour la première fois depuis bientôt cinq ans nous étions SEULS RIEN QUE TOUS LES DEUX sans nos mini-appendices-hurlants pour nous tyranniser. Hurlants, parfaitement, tyranniques, totalement, parce que si nos deux Beautés ont pris avec un calme quasi olympien la nouvelle de notre projet de partir à Shanghai, à l’approche du départ oublions tout espoir de calme. Le moins qu’on puisse dire est que nos garçons marquent par leur comportement qu’ils ont compris qu’un grand changement se prépare et qu’ils n’aiment pas ça. Mais alors pas du tout. Nous avons donc passé nos vacances pour un tiers à ramasser Beauté Brune en train de pleurer et/ou crier en se roulant par terre (toute raison, surtout futile, étant bonne), pour un tiers à porter Beauté Blonde qui hurlait dès que j’avais le malheur de le poser par terre et — folie indigne d’une mère ! — de tenter de m’éloigner de plus de 15 cm de lui, et pour le dernier tiers à assurer quand même un peu l’intendance d’une maison où nous étions sept personnes. Alors arriver seuls à Maurice, sans avoir à s’occuper de quoi que ce soit d’autre que de nous et en réussissant à terminer nos phrases c’était réellement paradisiaque.

Quatre jours au paradis, quelle bonne idée pour un voyage de noces. Mais est-ce bien raisonnable quand on doit à peine quatre semaines après partir s’installer dans une mégapole asiatique ultra-polluée ? Parfois on se demande à quoi nous pensons lorsque nous organisons nos vacances… Peut-être aurions nous mieux fait de partir à Monceau-les-Mines ou à Berck-sur-Mer, le choc eut certainement été moins rude. Heureusement, nous avons tout de même organisé une remontée par paliers pour éviter la décompression brutale et le cerveau gazeux.

Premier palier : retour à la Réunion, comité d’accueil assuré par les enfants, hurlements de plusieurs dizaines de minutes pendant qu’on va à la plage (ouuuuh les mauvais parents qui emmènent leurs enfants à la plage), OK, on a compris : retour à la normale, le paradis c’est déjà fini (et d’ailleurs sommes nous vraiment partis tous les deux ?). Quelques jours plus tard, fête sacrificielle des voisins malbars, OK, le monde à continué à marcher sur la tête pendant notre absence, bien noté. Deuxième palier : retour à Paris, petits amuse-bouches administratifs avec galères de visa, de paye et d’arrêt de travail. OK, même au mois d’août la poisse administrative ne prend pas de vacances. Rajoutons à cela un pneu crevé, une nounou malade, des livreurs de canapé qui n’aiment pas notre ascenseur et rebroussent chemin et diverses autres contrariété, OK, la poisse tout court ne prend pas de vacances non plus, ça c’est bon. Troisième palier : on n’y est pas encore, mais après tout ça normalement on devrait être fin prêts pour ce qui nous attend dans 10 jours à Shanghai. C’est à dire sûrement des tas de trucs imprévus et probablement agaçants, dont au moins un aller-retour hors du territoire pour obtenir mon visa de travail. Cette fois on est prêts, le paradis c’était il y a cent ans, il y a mille ans, ça n’est jamais arrivé. Bon ben, reste à partir à Shanghai maintenant.

A moins que… A moins qu’on ne vende les enfants aux enchères pour partir nous installer à l’Ile Maurice, juste MMM et moi. Des Beautés comme ça, on devrait en tirer un bon prix non ?

 

Et oui, ces photos sont bien de moi, je n’ai même pas eu besoin de les piquer sur le site de l’hôtel…

Vue de notre lit...

Vue de notre lit…

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