Petites tracasseries administratives et autres délices

Déjà douze jours que je n’ai rien écrit. Douze jours, c’est fou comme le temps passe vite lorsque l’on est en vacances au soleil.

Mais voilà, les meilleures choses ont une fin et nous voici donc de retour à Paris pour la dernière ligne droite avant le Grand Bond (J-16). Et quoi de plus délicieux que de rentrer de trois semaines de vacances au milieu de l’océan indien, d’ouvrir son courrier et de se trouver confrontée au véritable sel de la vie : les urticants problèmes administratifs qu’on a concocté pour moi en mon absence ? Oh oui, fais moi mal Johnny Johnny Johnny, envoie moi au ciel comme dirait l’ami Boris Vian, fais moi mal et plonge moi tout de suite dans une crise d’administratite, je ne pouvais tout de même pas éternellement rester dans la sérénité et le repos (relatif) acquis par la grâce de trois semaines de congés.

Je me dis que dans une vie antérieure j’ai dû être un vilain petit fonctionnaire tâtillon et mesquin — peut-être un petit bureaucrate de Vichy ou quelque chose du genre — car ces derniers temps j’écluse un certain nombre de karmas administrativo-pénibles. Passons donc en revue les petits plaisirs qui m’attendaient.

1. Congés payés : les comptables passent à l’attaque. Voilà un chapitre qui a commencé avant même mon retour, sûrement pour me permettre de revenir à la réalité avant de poser un pied à Paris. En consultant le solde de mon compte bancaire pour voir si les vacances ne m’avaient pas mises dans le rouge, je saute au plafond en constatant que l’un de mes deux employeurs m’a versé moins de la moitié de mon salaire (sans me prévenir, c’est plus drôle). Mes doigts fendent la bise sur mon clavier pour demander immédiatement une explication et faire rectifier cette erreur. L’on me répond « non non, ce n’est pas une erreur, on a vérifié avec le comptable, et même avec deux comptables pour être sûrs, le compte est bon, tous tes congés d’été sont sans solde ». Sauf que j’avais fait mes calculs avant (mon autre employeur aussi) et que nous ne pouvons tout de même pas nous être trompés à ce point. Je leur explique ça et on me re-répond, « non non, tout est bon, on a vu avec les comptables, tout est bon », et cerise sur le gateau ils partent tous en vacances et mon solde de tout compte est déjà bouclé. Oh énerve moi, Johnny Johnny Johnny…

Retour au bureau cette semaine, je fais le point des congés que j’ai pris, de ceux qui me restent à prendre, je fais mon petit calcul et constate qu’en réalité c’est deux jours de congés sans solde que j’ai à prendre (et non trois semaines). Et oui, ça change un peu. Et en épluchant ma feuille de paye, je me rends compte que le comptable et son acolyte ont quand même réussi en revérifiant tout à me mettre le 10 juillet à la fois en congé maladie (rapport à mon petit craquage de J-50) ET en congés sans soldes. Ils ont bien fait de s’y mettre à deux sinon j’aurais peut-être été en congés sans soldes durant toute la période de mon arrêt maladie. Ouf, je l’ai échappé belle ! Oh fais moi rire Johnny Johnny Johnny…

Evidemment, voilà une petite blague qui ne pourra pas se régler avant fin août puisque tout le monde est en vacances. Croisons les doigts pour que ce ne soit pas une histoire à rebondissements.

2. La sécu n’aime pas les étourdis. Les galères de congés impayés ne pouvaient pas seules suffire à mon bonheur, oh non, il fallait aussi que la sécu s’en mêle. Voilà donc que je me rends compte à mon retour que j’ai bien envoyé mon arrêt maladie à mes deux employeurs début juillet, dans la demi heure qui a suivi mon retour de chez le médecin. Pour ce qui est du volet sécu, j’ai bien vu le « volet destiné à la sécurité sociale », j’ai bien consciencieusement lu la mention figurant en haut et… je l’ai reposé sur mon bureau au lieu de le glisser dans une enveloppe. Comme quoi je marchais légèrement à côté de moi-même à ce moment là et que m’arrêter était vraiment nécessaire. 

Résultat de ce geste absurde : la sécu a refusé le versement de mes indemnités journalières. Je ne peux pas complètement leur en vouloir de ne pas prendre un compte un document qui était sur mon bureau il y a encore 48h, mais j’ai cru que j’allais me mettre à pleurer quand le monsieur de mon centre de sécu m’a dit que c’était un refus définitif et que lui ne pouvait rien faire. Heureusement, en fait il y a une voie de recours (mais sera-t-elle impénétrable ? Et sous quel délai ? Avec la sécu, on n’est jamais sûr de rien…). Oh fais moi peur Johnny Johnny Johnny…

3. Et mon visa ? Et bien c’est compliqué. Enfin, apothéose finale : les visas. Après un atterrissage à Paris lundi matin à 6h25, une journée à travailler pour MMM et à enchainer les lessives et autres rigolades de retour de vacances pour moi, j’arrive à joindre mon futur employeur à Shanghai (car oui, j’ai un futur employeur à Shanghai, hourra !) à propos de mon visa. Vous aviez suivi, le processus pour obtenir un visa en Chine est un tout petit peu compliqué… Et il l’est d’autant plus lorsque votre employeur ne peut pas vous envoyer les papiers à temps. Donc nous avions rendez-vous mardi matin au centre des visas, et moi j’apprends lundi que je n’aurai pas les papiers nécessaires pour demander mon visa Z, alors que les papiers pour MMM et les enfants sont prêts et que nous sommes à J-16 du départ.

Je prends une grande inspiration et je passe au plan B : MMM demande son visa Z, les enfants demandent un visa S1 rattachés au sien et moi je demande un visa tourisme. Valable 60 jours seulement. Ensuite il faudra que je ressorte du territoire pour faire ma demande de visa Z, munie cette fois des papiers nécessaires (Sainte Rita, rappelez-vous que j’existe). Evidemment il faudra que je repasse une visite médicale puisque celle que nous avons faite en mars n’était valable que jusqu’à fin septembre, ça tombe bien, ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas fait une écho rénale. Donc au mieux je ferai un aller-retour à Hong Kong d’ici quelques semaines (sans MMM et les enfants dont le passeport sera bloqué à Shanghai en attendant qu’ils obtiennent leur residence permit), et au pire un aller-retour Paris. Oh fatigue moi Johnny Johnny Johnny…

Bon, dans notre malheur, on a quand même eu de la chance : la dame des visas chinois a commencé par tiquer sur mon dossier avant de comprendre pourquoi j’étais la seule à demander un visa tourisme et finalement elle a accepté tous nos dossiers. Ce qui veut dire que sauf coup de Trafalgar nous aurons quand même tous un visa mardi prochain.

Aller, je ne vais quand même pas me laisser abattre par de si petites choses alors qu’on nous livre les cartons de déménagement aujourd’hui et qu’il va falloir songer à commencer à empaqueter ? Mais non, tout va se régler, c’est juste que c’est tellement plus amusant de faire compliqué…

 

centre_visa

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