Et les enfants, comment ils prennent ça ?

On part, on part, on part à l’autre bout du monde, youpi, youpi, youpi ! Oui, on part, mais pas tout seuls : on emmène évidemment nos deux petits gremlins avec nous. Et une des questions que j’entend le plus souvent en ce moment c’est « et les enfants, comment ils prennent ça ? ».

Alors pour Beauté Blonde, qui vient d’avoir 18 mois, disons tout de suite qu’il prend ça avec un calme olympien. On lui a annoncé en même temps que son frère (ben oui, il parait qu’il faut parler aux enfants alors on leur parle), mais on a eu beau scruter : aucune réaction de son côté. Mêmes « babababha grigni a-a-a-datadataaateu » que d’habitude, aucun signe d’excitation motrice (il faut dire qu’on n’a pas assorti l’annonce d’un morceau de pain…), bref : rien. Nous qui pensions que notre deuxième rejeton était – comme son frère – un génie supérieur, notre égo parental en a pris un léger coup. Beauté Blonde se fiche du Grand Bond au Milieu comme de l’an 40, et ma tête à couper qu’il n’est même pas fichu de situer la Chine sur une carte. Encore un qui ne passera pas le concours de Science Po l’année prochaine… Tant pis, on attendra la suivante.

Pour Beauté Brune, qui a donc 4 ans 1/2, le coup a été plus rude. Nous lui avons annoncé la chose à notre retour de Shanghai fin mars, un peu tout contents de nous et de notre excitation de ce premier saut sur place. Quand il s’est mis à pleurer en nous disant qu’il ne voulait pas changer d’école et qu’il ne voulait pas aller là-bas, nous avons été tout de suite été douchés. Je me suis même sentie franchement coupable, et impuissante devant mon fils chéri en larmes. Les « tu auras de nouveau copains », « tu vas apprendre le chinois », « on aura un plus grand appartement » restaient sans effet, et mon petit chaton continuait à pleurer et moi à me sentir une vilaine mère qui déracinait son enfant. Quand soudain j’ai été traversée par une idée de génie : « tu sais mon chéri, dans tous les immeubles que nous avons visité à Shanghai il y a une piscine ». Arrêt brutal des larmes et affirmation péremptoire de la vérité enfantine : « meuh, une piscine dans un immeuble, n’importe quoi ! ». Mais si mais si mon chéri, et même qu’on a des photos à te montrer, et aussi des photos de l’école, et hop emballé c’est pesé, ma Beauté a arrêté de pleurer. Alors oui, c’est peu glorieux ce côté « tu vas perdre tes copains et ton école mais ne pleure pas parce que tu vas avoir une piscine » mais que le parent qui n’a jamais tenté le coup de la super-carotte me jette la première pierre !

Et depuis nous travaillons l’imprégnation au quotidien. Tout prétexte est bon pour évoquer notre prochain départ, les coutumes ou l’histoire de Chine, la langue chinoise, son école, la météo locale, bref tout et n’importe quoi pour que Beauté Brune se prépare en douceur à notre départ. Il commence d’ailleurs à s’approprier ce projet et à poser des questions : comment il ira à l’école, est-ce qu’on montera avec lui dans le car de ramassage scolaire, est-ce qu’il pourra continuer à voir notre nounou sur place (mais bon sang de bois, lui non plus n’est pas fichu de situer la Chine sur une carte !) ? Il projette de dire bonjour à sa maîtresse en chinois en rigolant à l’avance du fait qu’elle ne le comprenne pas, et a même annoncé fièrement à notre médecin généraliste qu’il va apprendre l’anglais et le chinois. Bref il commence à avoir l’air content, et moi je suis contente qu’il soit content.

Alors dans cette préparation au départ il y a quand même un truc qui ne plait pas, mais alors pas du tout, à notre Beauté Brune : c’est qu’on est en train de leur faire faire une (petite) batterie de vaccins, et « les vaccins c’est vraiment trop nul ! Moi je veux pas ! ». On a eu beau lui passer en boucle l’épisode « vaccination » d’Il était une fois la vie, lui promettre un bonbon après, rien à faire. Il comprend très bien à quoi ça sert, nous répète à intervalles réguliers que le tétanos est une maladie très grave dont on peut mourir (c’est le thème de l’épisode en question), mais les vaccins c’est nul, il veut pas, non, non et non. Du coup je me suis retrouvée chez le généraliste avec une Beauté Brune se débattant comme un beau diable, criant de tous ses petits poumons « non, Madame, non, pitié Madame, pitiéééééééééééééééé » (je vous raconte pas la tête du gamin qui attendait son tour dans la salle d’attente… tout blême qu’il était). Et en plus on recommence le mois prochain, et encore le mois suivant. Il faut que je me prépare psychologiquement parce que curieusement d’entendre mon enfant hurler « pitiééééé ! » pendant que je suis obligée de le maintenir de toute ma force ça me retourne légèrement l’estomac. Il n’y a pas que le gamin de la salle d’attente qui est ressorti tout blême… Je prie le ciel pour qu’on n’ai JAMAIS besoin de faire une ponction lombaire à Beauté Brune sinon c’est moi qu’il faudra mettre sous anesthésie générale. Bref, pour une fois c’est mon fils qui a raison : les vaccins c’est trop nul.

Aller, on ne mollit pas : prochaine étape on apprend tous le chinois !

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