Expat’, année 2 : tout s’améliore

L’expatriation, c’est un peu comme avoir des enfants. Tant qu’on n’en a pas, on se berce de douces illusions faites de grandes découvertes, de moments magiques, du plein d’amour issu de cette rencontre de l’autre, d’émerveillements quotidien et d’espoir d’auto-transformation en une meilleure version de nous-même. Et puis un jour vous y êtes, et pendant un certain temps (voire un temps certain) vous vous demandez ce que vous veniez faire dans cette galère sans retour arrière possible. Les trois premiers mois dans un nouveau pays, c’est finalement un peu comme avoir un nourrisson : votre niveau de fatigue chatouille Pluton sous le menton, votre état psychique frôle l’hystérie à chaque instant, vous trouvez le temps de vous doucher mais c’est tout juste, et tout, mais alors toute activité qu’avant vous ne preniez même pas pour une activité devient une épuisante aventure. Exemple : comprendre l’étrange langage de ce nouvel être et ce qu’il peut bien vouloir vous dire, vous fier au système essais-erreurs pour trouver une solution à tous vos problèmes, mettre trois heures pour faire quelque chose qui avant vous prenait trente minutes, trouver des produits étranges et inconnus au supermarché, etc. Et le soir vous vous écroulez de fatigue en vous rappelant qu’en plus c’est vous qui l’avez voulu. Parfois vous avez envie de pleurer, ou de hurler, mais vous ne voulez pas trop que ça se voit : après tout, aux yeux des autres vous vivez une aventure tellement excitante et enviable.

Les mois suivants vous prenez vos marques mais le quotidien reste émaillé de moments chaotiques, vous avez des hauts, des bas, des expat’ blues ou des baby blues, voire les deux pour celles qui ont décidé de faire les deux en même temps (et elles, elles sont fortes). Et puis un jour vous touchez enfin les rives d’un nouvel équilibre : un an après, vous avez vos marques, une vie sociale qui commence à vous satisfaire, tout roule ou presque, et sauf exception vous commencez enfin à apprécier votre vie dans votre pays d’accueil. Et cette deuxième année je me la déguste avec bonheur du fin fond de mes pantoufles d’expat’. Car oui : j’aime porter des pantoufles. Des grosses pantoufles bien confortables qui me rassurent, un doudou ouaté plein de petites habitudes, des repères rassurants qui me libèrent de l’énergie pour profiter des avantages de cette vie à l’étranger. Comme de pouvoir plus voyager durant nos vacances par exemple.

Non pas que nous n’ayons pas voyagé du tout l’année dernière mais nous sommes souvent partis pas trop loin de Shanghai et sur des durées assez courtes. Et surtout nous avons commencé à sortir la tête de l’eau après Noël, quand nos voisins eux organisaient leurs voyages sur l’année scolaire dès le mois d’octobre. Mais tout vient à point à qui sait attendre : un an après, nous voici nous aussi remarquablement organisés (et intérieurement disponibles) pour voyager plus et plus loin. Nous venons donc de passer une nouvelle excellente semaine chez nos amis de Bangkok (qui n’ont pas eu peur de nous voir à nouveau squatter chez eux avec nos gremlins, ce sont des saints), et nous projetons d’aller au Cambodge et à Pékin d’ici la fin de l’année scolaire. Une débauche de voyages qui m’excitent comme une puce, un luxe que nous n’aurions jamais pu nous offrir lorsque nous vivions à Paris et dont je mesure le privilège. Et que devons à avoir osé ce saut dans l’inconnu, à nous être confrontés à cette tornade qu’est une nouvelle naissance, celle de notre première année en Chine.

Je ne peux terminer cet article sans un clin d’oeil particulier à mes parents, qui non contents d’avoir sillonné le monde pendant dix ans n’ont pu expérimenter les pantoufle de la deuxième année qu’une seule fois, et là je leur tire mon chapeau pour l’énergie qu’ils ont dû déployer en changeant de pays chaque année ou presque. Il n’est pas dit que j’y serai arrivée aussi bien à leur place. Et à tous ceux dont c’est la première année d’expatriation et qui peut-être n’en voient pas le bout ou qui ont juste envie de vacances, je livre ces photos de Thaïlande qui me font rêver alors que j’y suis encore : qui sait, ce sera peut-être bientôt votre tour ?

 

Si vous êtes observateur, vous avez pu constater qu’en 2015 vous pouvez voter Tara B., et en ces temps d’indigence de l’offre politique c’est tout de même pas rien. Alors si vous avez envie de voter totalement inutile (mais qui me fait plaisir), cliquez sur le bouton « je vote » en haut à droite de cette page. SuperEgo vous remercie !

 

GrandBondMilieu_expat_année2_vacances

15 Comments

    • Oui, il faut attendre l’année 2, c’est toujours mieux l’année 2… Si tu veux voir par quoi nous sommes passé l’année dernière tu peux cliquer sur la rubrique « l’expat par étapes », les hauts et les bas de la première année s’y voient bien 🙂