Rizières en terrasses de Yuanyang (Yunnan)

Voici donc venu le moment de vous parler et vous montrer les très fameuses rizières en terrasses de Yuanyang. Très fameuses car classées au patrimoine mondial de l’Unesco, et que si vous n’en connaissez pas le nom vous en avez certainement déjà vu des photos quelque part sur internet tant elles sont photogéniques. Pour tout dire, nous n’allions dans le Yunnan que pour les voir ou presque, le reste ne venant qu’en bonus, et quel bonus ! Malgré nos très fortes attentes, et une météo pour le moins humide (version nuages et brouillard), nous avons été enchantés de ces deux jours passés dans les montagnes et les villages Hani. Comblés est même le mot, tant nous avons eu jusqu’à l’impression physique d’être remplis à ras-bord par tant de beauté.

Les choses ne s’annonçaient pourtant pas très bien : suite à de fortes pluies un glissement de terrain assez important sur la route laissait juste le passage suffisant pour notre véhicule à la montée et le trajet s’est fait dans une purée de pois impressionnante. Quand notre chauffeur s’est arrêté au bord de la route en nous disant que c’était là, nous percevions une route en travaux, un chemin qui descendait et du blanc, du blanc, du blanc partout autour de nous. Notre optimisme nous disait : c’est formidable, demain ça va se lever (prévisions météos à l’appui), nous aurons la surprise de la vue au petit déjeuner, j’étais excitée comme une puce. Si j’avais su alors que ça faisait sept jours que la zone n’avait strictement aucune visibilité j’aurais peut-être été moins sereine. Mais les dieux étaient avec nous, au moins à moitié, puisque le soleil s’est levé sur les rizières et de poétiques bandes de nuage qui les voilaient/dévoilaient tour à tour. Nous n’étions que yeux éblouis, nous et les autres hôtes de notre guest-house, et la journée ne faisait que commencer.

En route vers l’un de nos nombreux marchés locaux, nous avons pu admirer le soleil tapant dans les rizières sur l’autre flanc de la montagne. Car si l’hiver est un peu risqué au niveau météo (rapport à la pluie, au brouillard et aux nuages qui font rien qu’à essayer de nous empêcher de voir quoi que ce soit), c’est aussi la saison où les rizières sont laissées en eau et au repos, et où vous aurez donc potentiellement les plus belles vues de ciel et de soleil se reflétant dans l’eau. Pour peu que vous puissiez assister à un coucher de soleil sur les rizières, le décor devient quasi surnaturel. Du moins l’avions nous vu sur les photos car pour nous point de coucher de soleil, dès l’après-midi le brouillard a repris ses droits et avaler la montagne et nous avec. Pas effrayés à l’idée d’une ballade dans les rizières par ce temps, nous avons suivi notre guide à travers la brume et cheminé au travers des terrasses durant quelques heures. Certes nous aurions aimé plus de visibilité, mais la brume donnait une dimension ouatée et féérique à l’endroit que nous avons adoré. Tomber nez à nez avec une femme Hani portant du bois ou un buffle égaré dans les rizières n’en devenait que plus magique. Même les enfants n’ont pas râlé, c’est dire. Revenus le lendemain au même endroit sans la brume, il a fallu toute la perspicacité de MonMeilleurSherlockMari pour « reconnaître » les rizières parcourues la veille.

Notre optimisme n’a pas suffit à nous offrir le coucher de soleil sur les rizières dont nous rêvions : l’épais brouillard s’était installé pour de bon, nous n’avions plus qu’à profiter de notre chaleureuse auberge et espérer que le lendemain serait meilleur. Couchés un peu dépités mais pas totalement abattus, notre deuxième matinée nous a enfin offert le magnifique paysage depuis le point de vue de Bada dont nous nous sommes repus jusqu’à plus soif, étirant la matinée de notre mieux avant de donner le signal de départ pour d’autres  lieux.

Comment de « simples » rizières ont-elle pu nous faire un tel effet je l’ignore encore. Je sais que pour certains une fois qu’on a vu une rizière on en a vu mille, pour ma part je ne crois pas pouvoir me lasser de ces paysages en terrasses. Et nous garderons longtemps le souvenir de ces deux jours dans la montagne façonnée artistement depuis des siècles par les rizières Hani.

 

Où dormir : nous avons été enchantés par les belles chambres avec vue sur les rizières et l’accueil chaleureux de la Huawowo Guest-House à Duoyishu.

20 Comments

  1. C’est magnifique… je suis en train de tomber amoureuse de l’Asie (à travers tes photos et celles de 2 autres blogueuses…) Le barbare est traumatisé : j’ai commencé à lui dire que j’aimerais aller un jour dans un pays asiatique en vacances (j’ai ouvert un porte… air paniqué de l’homme : où ça ? au Japon ? en Corée ?)
    Belle journée (ou soirée chez toi !)
    bisous

    • Je comprends, je suis amoureuse de l’Asie depuis toute petite (et en plus c’est sans doute pas la Chine la destination la plus facile). Si le barbare commence à s’ouvrir il y a plusieurs destinations plus « faciles » : Thaïlande, Cambodge, Japon… Faites votre choix 🙂

  2. Bonjour, la Chine pas la destination la plus facile dites-vous pourquoi?
    Nous allons en Chine depuis 2002 et je nous n’avons jamais eu de difficultés particulières, mais il est vrai nous avons un bon guide…mon fils, parfaitement intégré dans la vie chinoise et au parcours atypique.
    Il habite à Xi’an, depuis nous en avons fait le tour car nos voyages se sont résumés essentiellement à cette ville, ses alentours et la vie familiale ne voyant nos petits enfants que tous les deux ans… c’est dire notre frustration au fil du temps! Notre visite à une province la plus éloignée fût le Ningxia frontière du désert de Gobi…merveilleux souvenir!
    Vos photos sur les rizières en terrasse sont magnifiques, j’aimerais sortir de la province du Shaanxi et la province du Yunnan m’attire (je suis ouverte à tous les conseils et bonnes idées) mais la Chine est si grande et il y a tant de découvertes à faire. Notre prochain voyage est prévu en octobre.
    En tout cas, merci de ce partage grâce à vous on alimente nos connaissances et… nos rêves! Merci, Nadine.

    • La Chine comme première destination d’Asie sans « guide » familial ou autre n’est pas forcément simple, surtout dans les provinces : les gens n’y parlent pas l’anglais en général, dans les régions rurales il est impossible de trouver autre chose que de la nourriture très locale, pour des gens qui n’ont pas l’habitude de voyager ce n’est pas la destination la plus facile (si vous comparez à la Thaïlande ou les gens sont adorables, souriants, d’une courtoisie exquise et parlent souvent anglais, où l’infrastructure hotellière est très « western-friendly », on voit tout de suite ce qui est plus facile entre les deux…).
      Mais ça n’empêche pas ce pays d’être magnifique et de valoir largement la peine d’oser s’y lancer…

  3. Oh! C’est magnifique! Je n’avais jamais vu de rizieres en eau que dans les livres! C’est extraordinaire, comme paysage! (Bon, ca a l’air aussi drolement froid, malheureusement).
    Comment avec vous reussi a prendre des photos de si haut? Il y avait de tels decrochements? Du coup nous n’aviez pas trop le vertige? Et comment avez vous gere les enfants dans ces conditions qui semblent un peu « extremes »?

    • Rassurez-vous, la zone est fraîche mais raisonnablement (aux alentours de 5°, c’est certes un peu froid comparé à la Thaïlande mais franchement soft pour une période hivernale à 2000 m d’altitude vous en conviendrez). Et nous n’avons pas exposé non plus nos enfants à l’escalade à flanc de montagne boueuse juste pour obtenir quelques clichés acrobatiques : la zone est bardée d’observatoires (avec barrières de sécurité) qui permettent de profiter de points de vue en hauteur et en toute sécurité.
      Bref, voilà une raison de plus de revenir en Chine, je ne crois pas raisonnable que vous manquiez de voir de vos yeux de tels paysages…

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